Critique Blu-Ray : La Sentinelle, de Paul Schrader

Sentinelle (n.f) :
1.Soldat armé qui fait le guet.
2.Personne qui surveille.

Synonymes : crotte, étron, excrément.

Ce n’est pas moi qui le dis ! La Metropolitan avait-elle conscience de cette anecdote avant de traduire mot à mot « Dying of the Light » par « La Sentinelle » ? Est-ce un hasard ? Un complot ? Le film de Paul Schrader est-il destiné à finir au fond des toilettes ?

Pardonnez-moi cette petite introduction scato-lexicale, mais le rapprochement me semblait facile et pertinent. La Sentinelle n’est pas un bon film. C’est même un très mauvais film. Pourtant, avant d’être un très mauvais film, La Sentinelle (je ne m’y ferai jamais) a suivi un parcours chaotique, à coups de méchants producteurs, de boycott et de (re)montage foireux*. Au final, ce film produit par Nicolas Winding Refn, réalisateur de Drive, et réalisé par Paul Schrader, scénariste de Taxi Driver et Raging Bull (rien que ça), s’est tout bêtement retrouvé en DTV dans les bacs d’Auchan que personne ne regarde, arborant fièrement son plus beau montage de Nicolas Cage debout, face à la caméra. Ah, les joies du marketing en 2015…

Forcément, les parcours chaotiques nous mènent rarement à de bonnes choses. La Sentinelle ne déroge pas à la règle et ne s’avère être au final qu’un autre accident industriel dans la filmographie de notre ami Nicolas (Cage, pas l’autre). Sans être aussi catastrophique que le Chaos, le film est d’une maladresse et d’une paresse phénoménales. Le sujet, à savoir l’opposition entre un terroriste et son agent spécial américain attitré, a déjà été traité mille fois. Paul Schrader a tout de même essayé d’apporter une petite touche d’originalité en rendent ces deux ennemis malades et mourants. Malheureusement, personne n’a jugé utile de demander à Nicolas Cage de ne pas surjouer. Il est toujours dans l’excès, à mi-chemin entre le héros de guerre typiquement américain et le vieux au bord du gouffre dans un EHPAD. Du coup, il peut être complètement perdu et divaguer à un instant T, puis sortir une grosse réplique holywoodienne dans la posture du bon ricain à l’instant T+1. Ca ne fonctionne pas, tout simplement ! Les rôles secondaires sont tout aussi mal écrits, entre le patron qui ne veut rien entendre, le rookie prêt à sacrifier sa carrière alors qu’il n’a même pas encore de poil au menton ou encore le love interest sorti d’on ne sait où.

Vous allez me dire que les acteurs ne font pas tout un film, la mise en scène peut sauver l’ensemble du naufrage. Encore une fois, c’est raté. Paul Schrader filme Nicolas Cage comme dans n’importe quel autre DTV ou nanar avec Nicolas Cage. Mal donc. C’est mal filmé, mal rythmé, on s’ennuie profondément et on lâche très rapidement le fil de l’histoire pour céder à l’appel de Morphée. Et c’est sans compter sur tout le patriotisme qui découle de ce genre de production.

« Pourquoi vous avez cédé aux sirènes du 11 septembre ? Parce que vous êtes américain et que vous avez des valeurs…et envie de péter de l’arabe (qui n’a pas de valeurs, par définition) ! », s’exclame Nicolas Cage, sur fond de bannière étoilée. Tellement classique que c’en devient ridicule.

Encore un échec pour Nicolas Cage. Je me demande s’il arrêtera un jour de prendre tout et n’importe quoi !

Il est intéressant de noter que le Blu-Ray propose un making-of, malgré des conditions de production exécrables. C’est couillu !

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Détails :

Réalisateur : Paul Schrader

Casting : Nicolas Cage, Anton Yelchin, Alexander Karim

Editeur : Metropolitan (Sa page Facebook)

Date de sortie : 15 juillet 2015