Critique Blu-Ray : Tracers, de Daniel Benmayor

Tracers est un cas un peu particulier parmi tous les films que j’ai vus. A la base, je devais le voir au cinéma et finalement ça ne s’est pas fait, hélas. Cependant, le destin voulait que nos chemins se croisent de nouveau, au détour du programme de Cinétrafic. Il fallait que je me constitue une liste de plusieurs films que je souhaitais critiquer et, ô joie, Tracers faisait partie des films éligibles. Ni une ni deux, je m’empressais de le réclamer. Pourquoi cette hâte ? Je vais (tenter de) vous l’expliquer, à travers une critique rédigée en deux temps.

Les préjugés pré-visionnage

Le film de Daniel Benmayor vient se placer en tête des films auxquels je ne fais pas confiance habituellement, le genre de très mauvais films que je me fais un plaisir de voir juste pour avoir quelque chose à démolir après. Acteur en chute libre (c’est le seul à avoir du mal à sortir de Twilight), bande-annonce racoleuse et cliché au possible, titre métallique en italique sur l’affiche, tout est réuni pour faire un mauvais film (toutefois plutôt vendeur pour le grand public). Je suis limite surpris que le film ne sorte pas directement en DTV. Pourtant, j’ai envie de le voir. Je ne me l’explique pas, j’ai juste envie de le voir. Est-ce l’air un peu neuneu de Taylor Lautner ? Ses pecs ? Aucune idée.

Le retournement de veste post-visionnage

J’ai grillé ma cartouche avec le titre, mais c’est la vérité : Tracers est chouette. Pas chouette dans le sens génial ou mémorable, mais chouette dans le sens où il fait très bien ce pourquoi il a été réalisé : divertir, captiver. A partir d’un scénario simplissime et déjà-vu 1000 fois, Daniel Benmayor construit un petit film sans prétention mais diablement bien foutu. Prenez une pratique très à la mode, le Parkour, quelques jeunes encore innocents et naïfs, une poignée de courses-poursuites et surtout, SURTOUT, une caméra très mobile et vous obtenez un cocktail savoureux et loin d’être déplaisant.

On pourra reprocher au film un déroulement trop classique ou des rebondissements que l’on grille à 30 kilomètres mais ses forces sont à chercher ailleurs, chez Taylor Lautner lui-même par exemple. Oui oui, vous avez bien lu, le meilleur Jacob de l’histoire du cinéma est l’un des points forts du film, parce que le bonhomme est authentique. En tout cas, ce qu’il fait l’est. Non pas que son jeu soit exceptionnel, mais ses cascades le sont. Il s’est prêté au jeu du Parkour et c’est ce qui est plaisant ici. Tracers transpire le vrai, le risque de la gamelle, le sport. Une sorte de Yamakasi avec un bon montage et de jolies plans en gros. Benmayor multiplie les techniques pour suivre ses interprètes, de la Go Pro à la poursuite en passant par les plans larges, il y en a pour tous les goûts et les scènes ne perdent jamais ni en lisibilité, ni en dynamisme. Et puis, quoi de plus naturel pour filmer du Parkour qu’utiliser New-York, probablement le plus beau représentant de la notion de jungle urbaine ?

D’ailleurs, il est intéressant de noter qu’un making-of est présent sur la galette, pour se rendre compte de l’investissement de l’équipe sur ce film. Personnellement, le Parkour me fascine, et ce depuis que j’ai vu Yamakasi étant petit (de là à aimer le film, faut pas pousser non plus).

Certaines personnes me reprocheront sûrement de manquer d’exigence envers Tracers. C’est même certain. Mais quand on a vu des films d’action daubesques comme Taken 3, Lucy, Banlieue 13 ou Expendables 3, découvrir qu’un teen movie peu engageant peut se révéler aussi plaisant fait un bien fou ! Un bon choix pour une soirée détente et pop-corn !

Je remercie Cinétrafic pour l’envoi du film et vous invite à consulter un top cinéma d’action ainsi que d’autres films à voir (http://www.cinetrafic.fr/film-a-voir)

Détails :

Réalisateur : Daniel Benmayor

Casting : Taylor Lautner, Marie Avgeropoulos, Adam Rayner

Editeur : Metropolitan (Sa page Facebook)

Date de sortie : 25 juin 2015