Dire que j’apprécie John Wick est un euphémisme. Aussi bien le premier, réalisé par le duo Stahelski/Leitch, que le second, intégralement géré par Stahelski. J’étais donc curieux de voir ce que David Leitch pouvait bien faire de son côté. Avec Atomic Blonde, la promesse du bonhomme est simple : une héroïne badass et de l’action fun et décomplexée. Ou plutôt serait-ce la promesse du marketing ? Bref, dans tous les cas, elle est loin d’être tenue…

Résumé

L’agent Lorraine Broughton est une des meilleures espionne du Service de renseignement de Sa Majesté ; à la fois sensuelle et sauvage et prête à déployer toutes ses compétences pour rester en vie durant sa mission impossible. Envoyée seule à Berlin dans le but de livrer un dossier de la plus haute importance dans cette ville au climat instable, elle s’associe avec David Percival, le chef de station local, et commence alors un jeu d’espions des plus meurtriers.

L’avis de GTP

Baladé de trailer en spot TV par une ambiance néon pop et un sens du cadrage pour le moins séduisant, quelle ne fut pas ma surprise en découvrant le premier film de David Leitch. D’un pitch en apparence simple, le réalisateur déroule une intrigue à tiroirs particulièrement fastidieuse à suivre. Il est déjà compliqué de poser des noms sur des têtes (ou des têtes sur des noms), imaginez la difficulté quand il s’agit en plus de leur associer un camp. Russe, Français, Anglais, Est-Allemand, Ouest-Allemand, les parties se multiplient au détriment d’une intrigue qui veut définitivement trop en faire et s’étale sur des tonnes et des tonnes de lignes de dialogues confusantes (pardonnez l’anglicisme).

Ainsi, si le titre et la communication pouvait laisser penser qu’Atomic Blonde serait un « One Woman Army movie », il n’en est rien. Les pions se multiplient et Lorraine n’est qu’un élément sur un immense échiquier. En cela, le choix de la Guerre Froide est plutôt couillu et audacieux. Il permet à Leitch d’offrir plus qu’un simple film d’action Wickien, en adoptant une structure plus proche du jeu de piste et de faux-semblant. Il y a cependant un hic : Leitch n’a pas la carrure pour faire ça, tout simplement. Sa narration n’est pas maîtrisée et sa gestion du rythme pousse à la somnolence en moins d’une heure. Il est la preuve même qu’il faut savoir parfois se contenter, être modeste et ne réaliser qu’un bon petit film d’action qu’un thriller paranoïaque ronflant et passable.

Pire encore, si notre ami déçoit sur sa narration, il parvient à être tout aussi moyen sur la partie bagarre. Très loin de l’inventivité et de la propreté de Stahelski, Atomic Blonde se révèle assez radin en baston, et encore plus en bastons marquantes. En dehors d’un plan séquence convaincant (sans non plus être aussi classe que les mouvements ultra travaillés de Keanu Reeves), il n’y a rien de particulièrement percutant. Dans un excès d’égo, Leitch se permet même de nous faire un pugilat Stalker (Skyfall sans les méduses), illustration parfaite d’un film trop premier degré pour être réellement fun. Et ce n’est pas l’habillage à grands coups de tag et de musiques pop (et leur utilisation à la « Kong ») qui viendra me dire le contraire.

D’Atomic, le film n’a que le titre (et le contexte). Trop verbeux pour être défoulant, trop confus pour être dynamique, Atomic Blonde enchaîne les mauvais choix et échoue partiellement dans sa tentative d’hybridation : ce n’est ni un bon film d’espionnage, ni un bon film d’action. Reste une Charlize Theron sexy comme jamais et une ou deux fulgurances bienvenues, ce qui est, vous vous en doutez, bien trop léger.

Détails

Réalisateur : David Leitch

Casting : Charlize Theron, James McAvoy, John Goodman

Distributeur : Universal

Date de sortie : 16 août 2017

Budget : 30 millions €

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