Critique ciné : Alien – Covenant, de Ridley Scott

Il y a de cela quelques années, Ridley Scott s’est mis en tête une drôle d’idée : expliquer le Xénomorphe. Sa création si vous préférez, ses origines. Ainsi est né Prometheus, blockbuster ronflant, Alien-like inavoué et finalement préquel raté. En plus de tenter d’apporter une réponse crédible à une question qu’on se pose tous (oh l’ironie), l’ami Scott s’attaquait aussi à l’origine de l’humanité, rien que ça. Forcément, l’écriture du Scott moderne étant ce qu’elle est, la « réponse » n’a jamais dépassé celle d’un complotiste après quatre pintes de Guiness. Au final, Prometheus ne répondait pourtant pas à grand-chose et teasait une suite.

Cette suite est enfin-là. Ce n’est pas la suite qu’on attendait, mais c’est visiblement celle qu’on méritait. « Raccorder le wagon Prometheus à la locomotive Alien », telle était la mission de cet Alien : Covenant. Le pari était grand, le risque colossal. Ça n’a pas arrêté « old Ridley Scott » qui apporte enfin la réponse à la question « D’où vient le Xénomorphe ? ». Attendez-vous à être déçus !

Le résumé

En route pour une planète lointaine de l’autre côté de la galaxie, l’équipage du vaisseau-colonie Covenant découvre ce qu’ils pensent être un paradis inexploré. Mais, en réalité, il s’agit d’un monde sombre et dangereux – dont le seul habitant est un androïde rescapé de l’expédition funeste Prometheus.

La critique

Alien : Covenant commence 10 ans après Prometheus. Une équipe se dirige vers une planète pour fonder un nouveau monde et tombe par chance sur une planète encore mieux en chemin. Forcément, entre 2 semaines de trajet et 7 ans, on a vite fait de prendre une décision de merde. C’est ce que le remarquablement pieux Oram fait, comme tout bon capitaine de vaisseau de film de SF. Soit. Alien oblige, l’arrivée sur la planète ne se passe pas comme prévu, jusqu’à ce que l’équipe tombe sur…David et son poncho à capuche ?!

Vous l’aurez compris : David + 10 ans après = on sait tous où se déroule cette suite. Je vais tout de même éviter de vous spoiler (au mieux). On retrouve donc ce bon vieil androïde psychopathe, face à son modèle plus récent, Walter. Préparez-vous à bouffer 1H30 de Fassbander vs Fassbender. Tous les personnages humains, principaux comme secondaires, sont relégués au second plan (ou sauvagement assassinés dans la plus grande indifférence). Seul les robots intéressent Scott dans cette suite. Même le Xénomorphe n’est plus qu’un prétexte, une excuse, pour surexploiter Fassbender. Fassbender joue du pipeau, Fassbender embrasse Fassbender, Fassbender débat avec Fassbender. Il vaut mieux ne pas être allergique à l’acteur. Enfin, si ce n’était que ça.

Covenant est surtout l’occasion de découvrir l’origine des Xénomorphes. Ridley Scott a jugé utile d’apporter une réponse rationnelle à la question « Qui sont-ils et d’où viennent-ils ? ». Mais qu’est-ce qu’on en a à foutre ? On en avait déjà pas grand chose à foutre avant, quand on se contentait de regarder des Xénomorphes niquer des mères. Ça suffisait. Le fait de ne pas savoir exactement de quoi il s’agissait faisait partie intégrante du charme du Xénomorphe. C’était un parasite effrayant, menaçant, mortel. Ici, il est réduit à sa création et guère plus. Ce n’est plus le Xénomorphe, juste un simple monstre de film. Pour vous donner un ordre d’idée, même la créature de Life semblait plus dangereuse. C’est dire.

Faisons le bilan : de Prometheus, il ne reste pas grand chose. D’Alien, Scott tisse un avenir douteux. Que reste-t-il ? Une photographie propre, une réflexion basique sur la création et du sang. Covenant a au moins le mérite d’offrir les scènes les plus gores de la saga. Au fond, c’est déjà ça de pris, mais ça n’excuse pas l’absence de tension, l’écriture avec le cul, l’horrible twist à peine digne de celui de Life et tout ce qui fait de ce Alien : Covenant un immense massacre de la saga. On aurait presque envie de dire que les Alien vs Predator sont plus sympas.

N’est-ce pas la chose la plus triste que de se rendre compte que le plus grand ennemi de Alien, ce n’est plus le Xénomorphe, mais bien son géniteur ? Ridley Scott tente tant bien que mal de recoller tous les morceaux d’un puzzle déjà fini qu’il a lui même démonté tout en rajoutant des pièces à droite et à gauche. En résulte un être difforme, modelé à la truelle, jamais aussi séduisant que l’original et même plus néfaste qu’autre chose.

P.S : On remerciera l’immense implication des Ingénieurs, de Noomi Rapace et de James Franco. C’était trop, fallait pas.

Détails

Réalisateur : Michael Fassbender

Casting : Michael Fassbender, Michael Fassbender, Michael Fassbender, Michael Fassbender

Distributeur : Michael Fassbender

Date de sortie : Michael Fassbender

Budget : Michael Fassbender

Trailer en VOST

Total
12
Shares