On connaît tous le marketing. Tous, sans exception. Un trailer, une affiche, une conférence de presse, c’est du marketing. Mais connaissez-vous le sur-marketing ? Faisons simple pour que vous compreniez. Quand on vous dit que Jared Leto s’est bien investi pour le rôle du Joker dans Suicide Squad, c’est du marketing. Quand on vous dit que Jared Leto a mangé des écureuils vivants la tête à l’envers et qu’il était à deux doigts de se trancher le visage pour faire le sourire du célèbre vilain, c’est du sur-marketing. Alors quand on vous crie au visage que Ça est le film le plus terrifiant de la planète Terre jusqu’aux tréfonds de la galaxie, méfiez-vous…

Résumé (pris sur le site de Allociné)

À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s’intégrer se sont regroupés au sein du « Club des Ratés ». Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l’école. Ils ont aussi en commun d’avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu’ils appellent « Ça ».

Car depuis toujours, Derry est en proie à une créature qui émerge des égouts tous les 27 ans pour se nourrir des terreurs de ses victimes de choix : les enfants. Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un jour de pluie lorsqu’un petit garçon poursuivant son bateau en papier s’est retrouvé face-à-face avec le Clown Grippe-Sou.

L’avis de GTP

Note : nous n’avons pas lu le livre, ni vu le film des années 1990.

Ça n’est pas le film le plus terrifiant au monde. C’est dit. Il est loin, très loin de faire peur même. Ce qui n’est pas un problème. Le réalisateur, s’il aurait pu en faire un « simple » film d’épouvante (encore qu’il est difficile de réellement effrayer), a préféré exploiter ses capacités de conteur pour mettre en scène une histoire de peurs, et non pas une histoire qui fait peur. Là réside toute la nuance. On suit ainsi une bande de gamins dans tout ce qu’elle a de plus banale, à ceci près que chacun d’entre eux doit se coltiner des adultes imbitables.

Violence, abus, surprotection, Ça brasse large et dévoile un large panel de profils tous plus tarés les uns que les autres. De cette manière, Ça est bien plus une sorte de Stand by me horrifique et malsain qu’autre chose. La créature en elle-même est reléguée au second plan au profit de back-stories toutes intéressantes et malaisantes. L’horreur vient plus du quotidien de nos persos que du clown, convaincant dans ses apparitions mais finalement mineur au sein de ce premier chapitre.

Malgré sa durée, il reste difficile de s’ennuyer devant le film. La structure un tantinet répétitive est rattrapée par la justesse de l’écriture et surtout la beauté de ce qui se déroule sous nos yeux. C’est le directeur de la photographie habituel des films de Park Chan-wook (Old Boy, Lady Vengeance, Stoker) qui a été sollicité ici, et ça se voit. Le résultat est sublime : cadrages, ambiance, lumière, il est très rare de voir des films d’horreur de cette trempe, surtout depuis plusieurs années (décennies ?).

S’il succombe un peu trop facilement aux vieilles techniques (trop de jump scares), Ça bénéficie d’une écriture au-dessus du lot, servie par des personnages forts et des situations malsaines à souhait. Quand en plus la photographie suit, difficile de ne pas s’enthousiasmer. Dommage que Warner ne l’ait pas vendu comme ce qu’il est vraiment, à savoir un Goonies-like tour à tour fun et tragique, mais jamais vraiment effrayant.

Détails

Réalisateur : Andrés Muschietti

Casting : Bill Skarsgård, Finn Wolfhard, Sophia Lillis, Jaeden Lieberher

Distributeur : Warner

Date de sortie : 20 septembre 2017

Budget : 35 millions €

Trailer