Critique ciné : Fast and Furious 8, de F. Gary Gray

Deux ans après la sortie d’un septième opus hanté par la disparition subite de son interprète principal Paul Walker, la mission de Fast and Furious 8 est double: se séparer de son ancien cœur et le renouveler en offrant quelque chose de neuf à se mettre sous la dent. Difficile de maintenir la famille en place quand l’un des membres meurt prématurément dans un accident de voiture et que son acolyte de toujours est incapable de s’en sortir seul. Néanmoins, il se pourrait que l’ex-duo de meneurs soit remplacé par un autre tandem des plus inattendus…

Le résumé

Maintenant que Dom et Letty sont en lune de miel, que Brian et Mia se sont rangés et que le reste de l’équipe a été disculpé, la bande de globetrotteurs retrouve un semblant de vie normale. Mais quand une mystérieuse femme entraîne Dom dans le monde de la criminalité, ce dernier ne pourra éviter de trahir ses proches qui vont faire face à des épreuves qu’ils n’avaient jamais rencontrées jusqu’alors.

La critique

Soyons honnête : le scénario pue la merde. Ouais, comme ça, d’emblée. Rarement un Fast and Furious n’aura semblé aussi mal écrit et pourtant, on ne peut pas dire que l’écriture de la saga soit son principal atout. Entre la méchante ratée (désolé Charlize, le post-apo t’allait mieux), l’évolution de Dom ridicule et les vaines tentatives de fan service, ce huitième Fast pédale un peu dans la semoule. Ca permet surtout de constater que sans Paul Walker, il ne reste pas grand-chose de bien attirant dans cette famille. Certes, Roman et Tej parviennent toujours à nous arracher quelques sourires. Certes, Luke Hobbs nous fait bondir de joie à chaque patate. Mais le coeur de cette famille, ce duo iconique Dom/Brian, n’existe plus et seul, Dom ne représente plus rien. En le faisant tourner uniquement autour de lui, la saga s’enlise un peu et Fast and Furious 8 échoue dans la totalité de ses scènes « émotion ». Ca ne prend juste pas du tout.

Les fans me diront qu’on s’en fout au fond du scénario, des personnages. Pourquoi pas ? Peut-être. On sait tous très bien qu’en allant voir un F&F, on s’apprête surtout à découvrir les nouvelles trouvailles grand guignolesques des scénaristes. Quand ce n’est pas un coffre-fort, c’est un tank. Quand ce n’est pas un tank, c’est un drone. Et quand ce n’est pas un drone, c’est un sous-marin. Bizarrement, cette surenchère lasse peu. On prend toujours autant de plaisir à assister à ce ridicule feu d’artifices, même si les ficelles sont connues. Un plaisir de gosse, un plaisir coupable. Mais pour que ces scènes marchent vraiment, il faut des personnages réussis, des personnages qu’on apprécie. Alors maintenant que Dom est hors-jeu, sur qui peut-on compter ? Sur Luke Hobbs et Deckard Shaw.

Et oui, c’est la meilleure surprise de cette suite : l’affrontement entre l’ancien flic et le grand méchant du précédent opus marche du tonnerre. De punchline en castagne, les deux acteurs semblent s’éclater dans un duel hilarant, rappelant la bonne époque de ces buddy movies aux duos improbables. A eux deux, ils volent littéralement le film, s’appropriant à la fois les meilleures répliques et la meilleure scène d’action dans une prison, véritable sommet d’une saga vieille de maintenant 15 ans. Difficile à croire, mais c’est bel et bien en dehors d’une bagnole que l’action se révèle la plus jouissive.

Tout ce qui fait d’un Fast and Furious un Fast and Furious est bien là : la famille, les booty shots, les scènes improbables, les punchlines débiles, etc. Hélas, il faudra attendre encore un peu pour que la famille retrouve ce qu’elle a perdu il y a deux ans. Heureusement,  l’arrivée du duo Hobbs/Shaw apporte une véritable bouffée d’air frais à un épisode qui récupère en fun ce qu’il perd en humanité. Espérons que le neuvième volet saura retrouver ce qui a fait le sel de la saga pendant ses 16 années d’existence.

Détails

Réalisateur : F. Gary Gray

Casting : Vin Diesel, Dwayne Johnson, Michelle Rodriguez, Jason Statham, Kurt Russell, Scott Eastwood

Distributeur : Universal

Date de sortie : 12 avril 2017

Budget : 250 millions

Trailer en VOST