Chaque année depuis maintenant 24 ans, le Festival international du film fantastique de Gérardmer nous permet de découvrir de véritables pépites de cinéma bizarre, déviant ou juste horrifique. En 2016 était présenté The Autopsy of Jane Doe, retitré en français (dans le texte, faut croire) The Jane Doe Identity. Un an plus tard, le film débarque enfin en salles. Je vais être honnête, je m’attendais à un soupçon de nécrophilie, « à la Neon Demon » m’voyez. Sauf que non. Nulle trace de nécrophilie ici, juste des débuts prometteurs pour un final peu folichon.

Le résumé

Tommy Tilde et son fils Austin sont médecins-légistes dans une morgue locale dans une petite ville. Un soir, la police leur amène le cadavre d’une jeune femme à l’identité inconnue, surnommée « Jane Doe ». Ils décident de mener leur enquête pour connaître son histoire et la raison de sa mort.

La critique

Avant de voir un film d’horreur, j’essaie toujours de me rappeler ce que je préfère dans le cinéma d’horreur. Faites de même. Sont-ce les jump scares ? Les esprits ? La possession ? La torture ? Les silences ? J’aime l’ambiance et l’ultra violence, le gore. Ces deux éléments sont difficilement associables et seul un film a réussi à concilier les deux ces dernières années (Evil Dead, le remake), à mon sens. C’est ce qu’essaie de faire Jane Doe. On suit le quotidien un tantinet morbide d’un père et son fils en pleine activité, découpant des cadavres pour découvrir des causes de décès. Une morgue, c’est pas Disneyland, croyez-moi. Le réalisateur ne lésine pas sur les effets gores et les gros plans sur le découpage/charcutage du cadavre de la fameuse Jane Doe. La première partie ne se résume qu’à ça, la découverte des secrets d’un corps dans une ambiance bien poisseuse. Ce qui est quand même très bien et plutôt dépaysant dans le paysage horrifique moderne !

Jusqu’à ce que tout s’écroule. On met quelques jump scares. On réveille des morts. On fait merder la lumière. Ce qui s’avérait original au début ne sert qu’à préparer une seconde partie bien plus classique, avec les pires clichés du genre. Pourquoi avoir sacrifié la singularité du film pour retomber dans des choses plus traditionnelles ? Le mystère laisse place à un simple jeu de cache-cache constitué de scènes déjà vues dans plein d’autres films. Le coup de la hache, sérieusement ?

Qui plus est, le film a tendance à bien trop se prendre au sérieux. Les séquences « émotion » entre le père et le fils ne prennent tout simplement pas et le film oublie d’être fun. Il aurait pu s’en passer si le réalisateur avait joué la carte du malsain sans faire machine arrière à la moitié du film. Mais non. On préfère rappeler au petiot qu’il a perdu sa mère et que le père a des regrets, blablabla. Ennuyeux. C’est d’autant plus fâcheux que Emile Hirsch a rarement été aussi fade. Aucune personnalité, aucun caractère. Le personnage de Brian Cox est légèrement au-dessus, grâce à quelques répliques sympathiques, mais ça ne vole pas bien haut. On retiendra surtout le cadavre, « joué » par Olwen Catherine Kelly. Dommage que le réalisateur l’exploite si mal.

Sans fun, ni véritable choc, on se retrouve face à une série B plus que moyenne, partie d’une idée intéressante avant de se vautrer dans la facilité et le générique. Trop classique, trop gentil, The Jane Doe Identity n’essaie jamais de dépasser son statut de film d’horreur mineur, pour notre plus grand malheur.

Détails

Réalisateurs : André Øvredal

Casting : Emile Hirsch, Brian Cox, Ophelia Lovibond, Olwen Kelly, Michael McElhatton

Distributeur : Wild Bunch

Date de sortie : 31 mai 2017

Budget : Inconnu (mais très faible)

Trailer en VOST