Critique ciné : Logan, de James Mangold

James Gunn, Zack Snyder, Tim Miller ainsi qu’une floppée d’autres réalisateurs n’ont qu’une seule chose en tête : réinventer la roue. La roue, c’est le film de super-héros, quelque chose qu’on bouffe presque une dizaine de fois par an aujourd’hui. Il faut dire que depuis le premier Spider-Man, on en a mangé un paquet. Or, en 15 ans, vous vous doutez bien que le genre (ce n’est pas vraiment un genre mais soit, passons) a eu le temps de s’essouffler.

Partant de ce constat, les réalisateurs sus-cités ont décidé de le rénover, de lui apporter leur touche perso et depuis le succès de Deadpool l’an passé, la tendance est à la maturation. Les super-héros, c’est pas que pour les enfants qu’on vous dit. Du coup, on se lâche chez la Warner ou la Fox, on fait péter les classifications, on enlève du budget et on dit au réal : « Fais-toi plaiz, tu as carte blanche ». Logan s’inscrit dans cette logique : 100 millions de budget, une interdiction aux mineurs non-accompagnés aux Etats-Unis et la promesse de voir le Wolverine sauvage que l’on attend depuis des lustres. Sauf que…n’était-ce déjà pas le Wolverine que l’on avait ?

Résumé

Logan est alcoolique, Charles-Xavier divague. Nos deux compères, bien tranquilles dans leur dépotoir vont rapidement se retrouver avec une mioche sur le dos. Qui est-elle ? Que veut-elle ? Bon, le trailer dit tout, regardez le trailer.

L’avis de GTP

Résumons Wolverine au cinéma en quelques lignes. Jusqu’en 2009, Wolverine n’est qu’un personnage parmi tant d’autres dans les films X-Men. Même si les films de Bryan Singer sont essentiellement centrés sur son histoire (notamment le 2), faisant de lui LE pilier de la première trilogie avec Jean Grey, il ne reste qu’un élément d’un groupe de mutants. En 2009, Gavin Hood lui offre un spin-off, d’une médiocrité sans nom. En 2013, un autre spin-off sort, presque aussi mauvais. Presque. A la barre, c’est James Mangold qui s’occupe maintenant de notre griffu en marcel préféré. Et c’est lui qui a rempilé pour la conclusion de la trilogie, sobrement intitulée Logan.

Logan. Juste Logan. Exit Wolverine, c’est l’être humain derrière le héros qui intéresse James Mangold pour cet ultime épisode. Pour changer, m’voyez. Cependant, il y a un hic, et un hic de taille qui plus est : Logan EST Wolverine. Résultat, Logan est comme tous les précédents films avec Wolverine, mais avec des gros mots et du sang. Il n’y a pas de différence entre l’homme et le héros. Logan/Wolverine est un grincheux violent et désabusé. Il grogne, comme avant, pendant 2H20. Le problème, c’est qu’après six films X-Men et deux spin-offs, on commence à connaître la chanson.

Que faire quand votre personnage ne se renouvelle pas et tourne en rond ? Rajouter du sang vous dites ? Et des gros mots ? Après tout, j’ai moi aussi espéré un film avec un Wolverine sauvage. Dommage que ça ne prenne pas. Il ne suffit pas de rajouter des « fuck » toutes les deux minutes et du sang numérique sur les chorégraphies de X-Men 2 pour faire de Logan un film brutal, la faute à une mise en scène complètement ratée. Le film est générique au possible, sans la moindre fulgurance. Toutes les scènes d’action sont filmées de la même manière, c’est-à-dire de la comme celles des 1586 films de super-héros génériques qui ont précédé le long-métrage de Mangold. Pour vous faire une idée, il y a plus d’audace dans un seul plan de la scène de l’église de Kingsman que dans tout Logan. On se retrouve face aux mêmes tares que se coltinaient 300 : Rise of an Empire ou The Raid 2 : le sang ne fait pas la violence.

Restent des acteurs convenables et des morceaux passables pour accompagner l’ensemble. Malheureusement, ce n’est pas suffisant pour sauver le grand final désastreux d’un héros qu’on connaît par coeur depuis bien longtemps.

Logan n’est qu’un film de super-héros de plus. Il n’est ni mieux, ni moins bien que son prédécesseur. Il se content juste d’être conforme à ses pairs, aussi adulte que Deadpool était subversif, et sans la moindre prise de risques.  Finalement, à force de réclamer du sang, nous avons peut-être oublié une chose : le vrai Wolverine était déjà dans X-Men 2. On retiendra un triste chant du cygne pour le Glouton.

P.S : J’ai volontairement omis une partie du scénario absolument…honteuse ? Bref, fans, armez-vous de votre plus grand sang-froid.

Détails

Réalisateur : James Mangold

Casting : Hugh Jackman, Patrick Stewart, Stephen Merchant, Boyd Holbrook, Dafne Keen

Distributeur : Fox

Date de sortie : 1er mars 2017

Budget : 100 millions €

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