Définitivement écrabouillé par la machine Hollywood en 2009 avec la sortie de Sherlock Holmes, Guy Ritchie reste néanmoins un des rares « yes men » avec un style qui lui est bien propre. Aussi tiqué qu’excessif, le réalisateur Britannique est un éternel poseur, favorisant toujours le style et le plan à l’épaisseur du scénario. Suite au visionnage du Roi Arthur, on ne peut se dire qu’une chose : il n’est pas près de se ranger ce Guy !

Le résumé

Jeune homme futé, Arthur tient les faubourgs de Londonium avec sa bande, sans soupçonner le destin qui l’attend – jusqu’au jour où il s’empare de l’épée Excalibur et se saisit, dans le même temps, de son avenir. Mis au défi par le pouvoir du glaive, Arthur est aussitôt contraint de faire des choix difficiles. Rejoignant la Résistance et une mystérieuse jeune femme du nom de Guenièvre, il doit apprendre à maîtriser l’épée, à surmonter ses démons intérieurs et à unir le peuple pour vaincre le tyran Vortigern, qui a dérobé sa couronne et assassiné ses parents – et, enfin, accéder au trône…

La critique

Avant toute chose, si vous êtes là pour la fidélité « historique » : fuyez. Non, vraiment. Ce film et mon avis du coup ne sont pas faits pour vous.

Il faut dire que Guy Ritchie n’a jamais eu l’intention de faire un portrait du Moyen-Âge, loin de là. Le réalisateur multiplie les anachronismes. Entre tics de langage très « Snatchiens » et tenues contemporaines, les historiens déchanteront très vite. Rajoutez-y tous les éléments qui composent la panoplie d’un bon (et par conséquent d’un mauvais) Ritchie :

  • Le montage alterné ;
  • Les échanges de répliques ;
  • Les ralentis ;
  • Le rythme frénétique ;
  • L’hystérie ;
  • Tout ce que vous trouvez de mauvais dans Rock’n Rolla.

Le Roi Arthur, c’est tout ça. C’est Sherlock Holmes, des siècles avant. C’est une cinématique de jeu de 2 heures. C’est un bordel pas possible. Au fond, c’est du blockbuster tellement maniéré qu’on se demande comment des mecs qui ne cherchent que des divertissements génériques peuvent le valider.

Parce que oui, avant d’être un blockbuster, le Roi Arthur est un pur Ritchie. Et c’est pour ça qu’il est cool. Il est fun. Juste fun. Comment s’emmerder devant une telle bouillie de non-sens et de ridicule assumé ? Comment rogner son plaisir en découvrant George le maître de kung-fu en plein milieu de Londres ? Comment ne pas éclater de rire quand les serpents imitent les aigles du Hobbit ? On ne sait pas.

Le Roi Arthur est putain de con et sa connerie est salvatrice. Même s’il cite ouvertement The Witcher, ce n’est pas ça qui nous pousse à aimer le nouveau film de Guy Ritchie. C’est sa capacité à nous faire exploser la cervelle toutes les trente secondes, à nous arracher un sourire complice, à nous prendre avec lui dans cette partouze d’influences toutes plus tordues les unes que les autres. Tout ça pour vous dire qu’on est peut-être face à la meilleure adaptation de la légende du Roi Arthur que le monde ait connu, tous supports confondus. Dommage, personne ne s’en rendra jamais compte.

Détails

Réalisateur : Guy Ritchie

Casting : Charlie Hunnam, Jude Law, Djimon Hounsou, Annabelle Wallis, Eric Bana, Aidan Gillen

Distributeur : Warner Bros

Date de sortie : 17 mai 2017

Budget : 175 millions

Trailer en VOST