Critique ciné : Transformers – The Last Knight, de Michael Bay

Je pense que je devrais débuter chaque critique d’un film de Michael Bay par une lettre d’amour. Mais je ne le ferai pas. Je vais tout simplement vous rediriger vers ma critique de 13 Hours, où je développe rapidement les raisons de mon affection pour ce réalisateur hors normes. Voyez ça comme une mise en garde concernant ce que vous êtes sur le point de lire. Vous détestez Michael Bay ? Vous n’aimez pas Transformers ? Ce papier n’est définitivement pas fait pour vous. Je vous évite une perte de temps. Il va juste vous refiler quelques boutons et une grosse envie de m’envoyer des rats morts par Colis Privé (pour me laisser une chance de ne jamais les recevoir). Trop aimable.

C’est bon, les haters sont partis ? Bien, maintenant que nous sommes entre bonnes personnes, parlons de Transformers – The Last Knight. J’ai eu l’occasion de le découvrir lors d’une projection « presse », au Pathé la Villette de Paris. Ce qui signifie que j’ai pu découvrir en même temps l’IMAX 3D, un de mes fantasmes d’amateur de belles images. Je reviendrai sur ce format en fin d’article. Tout d’abord, concentrons-nous sur le chant du cygne de Michael Bay sur la licence.

Le résumé

Humains et Transformers sont en guerre. Optimus Prime n’est plus là… La clé de notre salut est enfouie dans les secrets du passé, dans l’histoire cachée des Transformers sur Terre. Sauver notre monde sera la mission d’une alliance inattendue : Cade Yeager, Bumblebee, un Lord anglais et un professeur d’Oxford. Il arrive un moment, dans la vie de chacun, où l’on se doit de faire la différence. Dans Transformers: The Last Knight, les victimes deviendront les héros. Les héros deviendront les méchants. Un seul monde survivra : le leur… ou le nôtre.

La critique

Après deux premiers épisodes en demi-teinte, pour ne pas dire mauvais dans le cas de Revenge of the Fallen, la saga Transformers avait pris une bonne tournure avec Dark of the Moon, moins épileptique, plus massif. Michael Bay avait décidé de poser sa caméra. Une orientation confirmée par Age of Extinction, véritable sommet de la franchise, embrassant la mythologie de la licence à coups de Dinobots et de Lockdown. Le sommet, jusqu’à aujourd’hui. Transformers 5 est un véritable best-of, un concentré de tout ce que la saga a pu être et bien plus encore.

Cette suite poursuit le travail d’extension entamé dans Age of Extinction. On remonte le temps pour dévoiler de nouveaux pans de l’univers Transformers et découvrir plein de petites choses inconnues jusque là. Cet enrichissement se fait dans la douleur puisque pendant une heure, Transformers 5 part dans tous les sens, littéralement. On y aperçoit la Table Ronde, un médaillon, Cybertron en ruines, une reine, Optimus dans l’espace, une zone de guerre, Megatron, un vieil aristo, John Turturro, KAMOULOX. Le scénario est on-ne-peut-plus-confus et comme si ça ne suffisait pas, Michael Bay décide de jouer les hystériques de la mise en scène et du montage. Jamais ça ne s’arrête, jamais on ne se pose. Il ne faut rien perdre de vue alors que tous les éléments ont leur importance. Les fans seront aux anges, les autres décrocheront bien vite. Non pas qu’une certaine connaissance soit exigée, mais il faut être prêt à accepter tous les éléments kitsch de la mythologie Transformers (et Dieu sait qu’il y en a à la pelle).

Cette première partie est crevante, vraiment. Jusqu’à ce que les éléments finissent par faire sens. Michael Bay évite de justesse ce qui faisait de Transformers 2 un immense ratage. Une fois toutes les pièces du puzzle dispersées sur la table, il se met à les assembler. D’un mélange à la limite de l’indigeste, on passe à un produit plus harmonieux, plus grand, plus solide. Transformers 5 fait preuve d’une ambition que la saga ne connaissait pas auparavant. Le réalisateur s’amuse à semer des graines à droite et à gauche pour l’avenir de sa franchise. On est loin de l’apparition uniquement fan-service des Dinobots de Transformers 4. Chaque nom a son importance.  On regrettera tout de même le relatif bâclage de la trahison d’Optimus, trop rushée pour être pleinement convaincante.

Mis à part ce petit couac et une première partie complètement tarée (dans le mauvais et le bon sens du terme), Transformers 5 est un véritable monstre de blockbuster. Plus guerrier que jamais, le film s’offre les meilleures scènes de la saga, même s’il passe un peu trop de temps à réutiliser des ficelles connues. Michael Bay trouve une nouvelle fois un équilibre exemplaire entre moments de bravoure, scènes d’émotion clichés et humour débile et si les enjeux sont plus importants qu’auparavant, il y a toujours un personnage pour détendre l’atmosphère et balancer une vanne un peu conne. Parlant des personnages, les nouveaux venus, notamment Izabella, sont un véritable atout pour le film. Même Anthony Hopkins, plus cabotin que jamais, semble prendre du plaisir dans ce joyeux bordel. On regrettera néanmoins une véritable sous-exploitation de Hot Rod, personnage supposément important, relégué au rang de personnage plus que secondaires ici.

Transformers – The Last Knight est définitivement le plus fou des films de la saga. En pleine possession de ses moyens, Michael Bay nous livre son oeuvre la plus ambitieuse, la plus colossale sans nous épargner un seul de ses tics. Entre une première partie éreintante remplie à ras bord d’informations et une seconde moitié plus épique mais parfois trop rapide, ce cinquième volet côtoie les deux extrêmes : le trop plein et le pas assez. En ressort un blockbuster tout sauf générique et incomparablement généreux, parfait porte-étendard de la filmographie de son auteur.

Comme je le disais dans l’introduction, j’ai eu l’occasion de découvrir l’IMAX 3D grâce à Transformers – The Last Knight. Je vais être direct : l’IMAX, c’est une tuerie. Vraiment. L’image est à tomber, idem pour le son. Forcément, quand on a l’habitude de salles UGC où le son est complètement déséquilibré, ça change la vie.

En revanche, la 3D n’a rien de fou, même en IMAX. Elle s’oublie très vite. Lors des premières minutes, elle fait clairement son petit effet, c’est vrai. Par contre, plus ça vient, moins on s’en rend compte, et à la fin on a complètement oublié que la 3D était censée offrir un plus. Bref, du gadget, pour changer.

C’est l’heure de parler du scénario, aussi riche et intéressant que confus et maladroit, notamment l’arc d’Optimus Prime.

Résumons le film. Quintessa, grande méchante du film, a perdu son baton. Ce bâton était en possession de Merlin l’Enchanteur et seul un de ses descendants peut le manier aujourd’hui. Il permettrait à Quintessa de transformer la Terre en nouvelle Cybertron. Il s’avère que la descendante de Merlin n’est autre que la nouvelle partenaire de Cade, qui lui est le dernier chevalier de la Table Ronde. Un joli hasard. Pour récupérer le bâton, Quintessa recrute Optimus Prime, qu’elle « reconvertit » en Nemesis Prime.

Sauf que, suite à une petite baston avec Bumblebee, Nemesis redevient Optimus, bien trop facilement. Alors oui, ça fait frissonner d’entendre le nom « Nemesis Prime », mais cet arc est réglé un peu n’importe comment.

On apprend aussi dans cet opus, et là attention parce que ça envoie du lourd, que la Terre est Unicron. Ou qu’Unicron est la Terre. Sauf que ça ne sert à rien ici. C’est mentionné dans le film, mais repoussé à un futur épisode dans la scène du générique, où l’on découvre une Quintessa revancharde et prête à utiliser la bouffeuse de planètes.

Michael Bay remixe les éléments à sa sauce et au final, c’est cohérent dans l’univers de Transformers live, sachant que toutes les pistes lancées dans la première partie aboutissent à quelque chose ici ou dans le générique. Du grand n’importe quoi, mais qui a du sens dans ce contexte.

En tout cas, l’avenir s’annonce très beau sous le soleil de Cybertron !

Détails

Réalisateur : Michael Bay

Casting : Mark Wahlberg, Isabela Moner, Laura Haddock, Josh Duhamel, Santiago Cabrera

Distributeur : Paramount

Date de sortie : 28 juin 2017

Budget : 260 millions $

Trailer en VOST

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