Critique ciné : Wonder Woman, de Patty Jenkins

Les expressions ne manquent pas pour qualifier l’état actuel du DC Cinematic Universe : « A la traîne », « Ronflant », « Raté ». Il faut dire qu’avec des moyennes respectives de 27 et 25% sur Rotten Romatoes, Batman v Superman et Suicide Squad ont vite calmé les éventuels impatients. Un bien mauvais démarrage critique pour un univers pourtant attendu au tournant. Après les gros bras et les gentils vilains, c’est finalement à Diana Prince, plus connu sous son nom de scène Wonder Woman, que revient la lourde tâche de lancer pour de bon le multivers, avec des bonnes notes et des pépettes à la clé si possible. Mission accomplie ?

Avant de commencer la lecture de cette critique, je vous invite à jeter un oeil à nos critiques de Batman v Superman et Suicide Squad en cliquant sur les vignettes ci-dessous. Il peut être utile de savoir ce qu’on pense de BvS avant de lire cet avis sur Wonder Woman. Je dis ça, je ne dis rien…

Nos précédentes critiques sur le DC Cinematic Universe

Le résumé

C’était avant qu’elle ne devienne Wonder Woman, à l’époque où elle était encore Diana, princesse des Amazones et combattante invincible. Un jour, un pilote américain s’écrase sur l’île paradisiaque où elle vit, à l’abri des fracas du monde. Lorsqu’il lui raconte qu’une guerre terrible fait rage à l’autre bout de la planète, Diana quitte son havre de paix, convaincue qu’elle doit enrayer la menace. En s’alliant aux hommes dans un combat destiné à mettre fin à la guerre, Diana découvrira toute l’étendue de ses pouvoirs… et son véritable destin.

La critique

N’est-il pas un peu bizarre de tenter de remporter l’adhésion à un univers partagé par le biais d’un one-shot ? Pas pour la Warner visiblement, qui a fait de sa première adaptation de Wonder Woman une origin story tout ce qu’il y a de plus classique, justifiée par la photo trouvée par Bruce Wayne dans Batman v Superman. On découvre ainsi la jeunesse de Diana, le paradis des Amazones, sa formation, etc. Puis débarque l’élément perturbateur, l’évolution de la situation de notre héroïne, l’antagoniste du film et tout le tralala. CLASSIQUE qu’on vous dit. Pas forcément dans le bon sens du terme. On est toujours en terrain connu, rien ne surprend. Surtout, c’est le manque global d’envergure en comparaison d’un Batman v Superman qui peut choquer. Son statut de film indépendant l’empêche de faire jeu égal avec le film de Snyder (à mes yeux, je précise), bien plus maladroit dans son approche mais tellement plus ambitieux.

Mais dans le fond, est-ce réellement un mal ? Wonder Woman est un personnage mal connu, c’est indéniable. En dehors d’une série dans les années 70, on ne l’a jamais vue à l’écran. Il fallait donc l’introduire aux nouvelles générations, partager son histoire, donner de la consistance à son background. Les choses auraient pu être faites différemment. Mais en l’état, ce classicisme reste le seul défaut majeur du film de Patty Jenkins. Wonder Woman déborde d’amour et de respect pour le personnage. La caractérisation de l’héroïne est une immense réussite. Cette naïveté, cette candeur sonne vrai. C’est l’histoire d’une femme qui découvre tout en sortant de son cocon. Patty Jenkins cerne ces moments de découverte à merveille, à travers des scènes et des dialogues simples, parfois un peu graveleux (mais drôles) et toujours touchants.

Même en dehors de sa caractérisation, c’est surtout l’image même de Wonder Woman qui impressionne. Le film verse dans l’iconique jusqu’à plus soif, nous poussant à nous demander parfois « C’est pas un peu trop ? ». Non, ce n’est jamais trop. Pas quand une femme s’avance sur un champ de bataille au ralenti sur fond de musique épique. Pas quand une femme soulève un char comme si c’était une simple boîte. Patty Jenkins a cette capacité à rendre son film divertissant de bout en bout, compensant l’absence de prise de risques par l’alchimie entre ses interprètes et la justesse du propos. Un film super-héroïque sans obscurité, sans malaise, optimiste sans pour autant être grand guignolesque, tout en rendant honneur aux femmes, ça existe. Et dieu que c’est bon !

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, Wonder Woman n’a pas un défaut de personnalité, loin de là. Ses personnages, son ton, ses thèmes font de lui un film avec du cœur, malgré des faiblesses scénaristiques évidentes. Comme son personnage principal, ce film représente quelque chose de bien trop grand pour s’attarder sur les défauts d’un script calibré pour séduire les masses. Une réalisatrice a enfin fait un carton à Hollywood. Si ça ne vous réjouit pas, je ne sais pas ce qu’il vous faut !

Note de fin : j’ai volontairement omis de parler des blagues de bites, des scènes d’action sur-esthétisées, de l’excellent Chris Pine, et d’autres choses. Je vous invite à donner vos avis en commentaires pour qu’on en discute, je pense qu’il y a énormément de choses à dire sur Wonder Woman !

Détails

Réalisatrice : Patty Jenkins

Casting : Gal Gadot, Chris Pine, Robin Wright, Connie Nielsen, Elena Anaya, David Thewlis, Danny Huston

Distributeur : Warner Bros

Date de sortie : 07 juin 2017

Budget : 150 millions $

Trailer en VOST