Critique ciné : Spider-Man – Homecoing, de Jon Watts

Rarement la communication autour d’un film ne m’a paru aussi ratée. De trailers médiocres en affiches dégueus, tout semblait pensé pour dégoûter le spectateur avant même qu’il ne mette un pied dans la salle. C’est ce qui m’est arrivé. « Ils sont sérieux, ça a l’air moche », « la composition est super déséquilibrée », j’en passe et des meilleures. De la punchline de pilier de bar si vous voulez mon avis. Tout ça pour dire que pour Spider-Man : Homecoming partait avec deux handicaps assez énormes : un service marketing foireux et Marvel Studios.

Deux handicaps, vraiment ?

Le résumé

Galvanisé par son expérience avec les Avengers, Peter rentre chez lui auprès de sa tante May, sous l’œil attentif de son nouveau mentor, Tony Stark. Il s’efforce de reprendre sa vie d’avant, mais au fond de lui, Peter rêve de se prouver qu’il est plus que le sympathique super héros du quartier. L’apparition d’un nouvel ennemi, le Vautour, va mettre en danger tout ce qui compte pour lui…

La critique

Si The Amazing Spider-Man tenait plus du reboot-mais-pas-trop que de la refonte totale, Spider-Man : Homecoming plonge la tête la première dans le renouvellement. Pas de Harry, pas d’Oncle Ben, pas de Mary-Jane ni de Gwen. Tout est nouveau, garanti 100% fraîcheur. En rajeunissant son personnage, Homecoming décide de se la jouer teen movie, lycée et casiers fournis. Cette nouvelle orientation permet deux choses : montrer l’apprentissage de Parker et zapper toute forme de drame de la vie du New-Yorkais. Enfin, en apparence. Il y a bien une toute petite mention du passé de notre héros et de sa tante, mais guère plus. Pour le reste, Spider-Man : Homecoming n’est que fun, rigolade, gags et re-fun.

Un gadin par-ci, une blague par-là, le film mise tout sur l’éclate et s’en donne les moyens, par une écriture nettement au-dessus de la moyenne Marvel Studios. Il faut dire qu’avec John Hughes comme principale source d’inspiration, il aurait été dommage pour Jon Watts de se planter. Du maître du teen movie il reprend les personnages clichés, un rythme enlevé et une bonne humeur communicative. Autrefois criblé de troubles et de pensées obscures, le Peter Parker nouveau surprend par son insouciance, son optimisme et ses rêves de grandeur. Avec un Peter plus vieux, cette absence totale de gravitude n’aurait jamais marché. Ici, parce qu’il n’a que 15 ans, la sauce prend. On suit avec entrain la découverte de ses pouvoirs et la naissance de ses frustrations.  D’autant plus que ce n’est pas parce que la dimension tragique a été mise au placard que le film est dénué d’enjeux ou d’idées intéressantes.

Prenons le Vautour par exemple, grand méchant de ce reboot. Il rejoint sans peine les méchants les plus réussis du MCU. Non pas qu’il soit particulièrement impressionnant ou révolutionnaire dans son traitement, mais ses motivations paraissent crédibles. Il ne souhaite pas dominer ou éradiquer le monde. Il ne vient pas de nulle part. Il est en quête d’argent, effrayé par un système dont il est victime. Point. Pas besoin d’avoir un plan diabolique ou des origines tarabiscotées pour envoyer un minimum.

Seul bémol : si la partie teen movie est maîtrisée, le constat est loin d’être le même pour les scènes d’action. Loin de la virtuosité de Sam Raimi, Jon Watts se dépatouille comme il peut. Dommage, ça ne fonctionne pas. Le film est souvent illisible, la faute à des plans peu judicieux et une lumière en berne. On se consolera avec le reste (et il y a de quoi faire).

S’il n’y a qu’une seule chose à retenir de ce reboot, c’est son humilité. Au-delà de sa parfaite intégration (et je pèse mes mots) à l’univers du MCU, Homecoming surprend par sa capacité à surpasser aisément tout ce qui a été fait précédemment dans ce même univers. Moins pompeux, plus léger, à la fois inventif et inspiré, il séduit pleinement, sans chercher à en faire des caisses. De flop annoncé, on passe à une des meilleures surprises de l’année. C’est indéniable, l’avenir s’annonce radieux pour notre petite araignée de quartier !

Détails

Réalisateur : Jon Watts

Casting : Tom Holland, Michael Keaton, Marisa Tomei, Zendaya, Jacob Batalon, Donald Glover

Distributeur : Marvel

Date de sortie : 12 juillet 2017

Budget : 175 millions $

Trailer en VOST