Jour du Bac, épreuve d’histoire/géo. La sueur goutte sur votre front lorsque vous prenez place. « Pitié, pas ce sujet, pas ce sujet ». Vous vous répétez cette phrase en tête jusqu’à ce que le sujet soit distribué. Pourtant, vous avez essayé de vous y préparer au mieux. Les fiches de note, les révisions de la veille. Tout. Mais vous le redoutez plus que tout au monde. Parce que la vie est injuste.

Puis le sujet tombe. Libération.

Le résumé

Au 28ème siècle, Valérian et Laureline forment une équipe d’agents spatio-temporels chargés de maintenir l’ordre dans les territoires humains. Mandaté par le Ministre de la Défense, le duo part en mission sur l’extraordinaire cité intergalactique Alpha – une métropole en constante expansion où des espèces venues de l’univers tout entier ont convergé au fil des siècles pour partager leurs connaissances, leur savoir-faire et leur culture. Un mystère se cache au cœur d’Alpha, une force obscure qui menace l’existence paisible de la Cité des Mille Planètes. Valérian et Laureline vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace et sauvegarder non seulement Alpha, mais l’avenir de l’univers.

La critique

Il est très difficile d’aborder Valérian sans penser aux dernières réalisations de l’ami Luc Besson. Adèle Blanc-Sec, Malavita, Lucy, autant de films bien peu réjouissants dans un pedigree de plus en plus nuancé. Seul The Lady avait su tirer son épingle du jeu. Valérian devait marquer son « grand retour » à la SF, au space opera. Ce qui est assez drôle puisque sur l’ensemble de sa carrière, il n’avait jusqu’à présent réalisé qu’un seul film du genre (que vous connaissez tous). Étonnamment, le pari est réussi. Valérian est un vrai bon space opera généreux, ambitieux et divertissant.

De l’intro listing (sous fond de Space Oddity) au Big Market en passant par le plan séquence « visite touristique » de la cité, Valérian est avant tout une immense tuerie visuelle. Vraiment, aussi bien techniquement que artistiquement. Nettement moins kitsch que le Cinquième Élément, le film reste tout de même rempli à ras bord de trouvailles en tout genre, prétexte à des séquences improbables mais parfaitement à leur place ici (notamment une scène de danse réussie pour Rihanna). Voyez Valérian comme un bac à sable dans lequel Luc Besson s’amuse à créer tout et n’importe quoi, dans la joie et la bonne humeur, et pendant 2 heures, nous le regardons faire. Parce que c’est ce qu’il fait : il monte un univers et nous embarque avec lui.

En parallèle de l’exploration de cet univers, on suit les aventures plutôt simplettes de notre duo. Est-ce un problème ? Non. Malgré sa simplicité, le scénario est parfaitement dilué dans l’univers de Valérian. Besson étale la légère trame principale qu’il a écrite sur l’intégralité du film, ce qui était à mon sens la meilleure chose à faire. Cela permet de découvrir l’univers tout en faisant progresser l’histoire de manière très linéaire. Les pics d’intensité ne viennent pas des rebondissements en eux-mêmes, mais du plaisir de la découverte. C’est une progression très organique, très « intégrée ». Je ne trouve pas d’autre mot. On sent que le scénario n’est qu’une infime partie de l’univers du film et c’est pourquoi il sert avant tout à le découvrir plutôt qu’à l’éclipser.

Je vous donne un exemple rapidement, sans spoiler, pour être plus clair. La menace est introduite dès les premières minutes. Introduite, pas expliquée. Il faudra attendre longtemps avant de découvrir en quoi elle consiste, les enjeux, etc. C’est simple, ça change un peu des gros trucs balancés en moins de deux minutes. Bref, ça fonctionne !

En revanche, ça se complique lorsqu’il s’agit des acteurs. Le duo principal marche plutôt bien. DeHaan, avec sa dégaine de petit con, et Cara Delevingne, mi-hautaine, mi-naïve, forment un duo attachant. Ethan Hawke cabotine juste comme il faut et même Rihanna nous offre un personnage touchant. En revanche, Clive Owen ne sait clairement pas ce qu’il vient faire ici, tout comme certains autres acteurs à peu près aussi impliqués qu’efficaces.

Entre un visuel ébouriffant et un scénario simple au service d’un univers extrêmement dense, Valérian marque des points là où on ne l’attendait pas. Il ne souffre pas vraiment d’une écriture peu finaude et se permet en plus quelques passages typiquement Bessonesques sans pour autant choquer. De là à penser que Besson était finalement la meilleure chose qui pouvait arriver à cette adaptation, il n’y a qu’un pas !

Détails

Valérian afficheRéalisateur : Luc Besson

Casting : Dane DeHaan, Cara Delevingne, Alain Chabat

Distributeur : Warner

Date de sortie : 26 juillet 2017

Budget : 190 millions $

Trailer en VOST