Six mois après Ghost in the Shell et des années (on l’espère) avant Akira débarque la toute nouvelle adaptation-américaine-d’un-truc-japonais-mais-pourquoi-font-ils-ça. La cible ? Death Note. Le réalisateur ? Potentiellement bon…jusqu’à son remake de Blair Witch. Résumons : un manga adoré et assez dense réduit à un film d’à peine 2 heures par un réalisateur déjà broyé par le système hollywoodien. Exactement, on est bien là face à un projet qui puait la merde dès son annonce.

Résumé

Un mec trouve un carnet qui tue les gens. Et comme c’est un connard, il se met à tuer des gens. Voilà.

L’avis de GTP

Avant de commencer, fixons une règle simple : Death Note le film sera ici considéré comme une adaptation TRÈS libre de Death Note le manga. Car oui, si on le prend en tant qu’adaptation pure du support originel, Death Note le film est le Dragon Ball Evolution des années 2010, une sorte de tournante infernale avec papier de verre, barbelés et un peu de gravier.

Non, ce qu’on va plutôt faire, c’est imaginer un monde dans lequel Death Note le manga n’existe pas (un monde pas terrible donc). Soudain, un réalisateur a une idée. Il souhaite faire un mélange entre Destination Finale (RIP) et Que justice soit faite (désolé pour le souvenir). En gros, un film sur la justice et le vigilantisme, mais avec de la tripaille et des morts débiles dedans. Joli cocktail, non ? Vous tenez à peu près la recette de ce Death Note version Netflix et whitewashing.

Gore, hystérique, con comme ses pieds, le Death Note nouveau n’a pas peur du mauvais goût, bien au contraire. Il l’embrasse et offre des moments de grand n’importe quoi cinématographique. Bien aidé par le surjeu permanent de ses principaux interprètes, le film aligne des dialogues complètement surréalistes et une avancée complètement à l’ouest pour son plus grand malheur.

« Je peux pas te montrer. Tu veux que je te le montre ?! », Light, tête de nœud en chef

Sauf que bizarrement, ça marche. Cet espèce de foutoir sans queue ni tête (ni retenue) parvient à nous divertir grâce à son rythme enlevé et sa dimension nanardesque. Au fond, on le savoure comme une suite de Freddy ou un remake de Marcus Nispel, avec un Fanta et une poignée de Kit Kat Balls, emmitouflé dans un plaid trop court. Au diable les considérations artistiques, l’occidentalisation, la direction d’acteurs. Ici, il n’y a de place que pour la satisfaction d’un nanar régressif et idiot à souhait.

Death Note fascine et abrutit. Tellement peu conscient de son manque de cohérence, de finition et tout simplement d’intelligence, le film nous emmène dans les bas fonds du cinéma d’horreur, sans non plus rejoindre les plus beaux somnifères du genre. Etonnant ? Pas vraiment. Paradoxal ? Absolument !

Détails

Réalisateur : Adam Wingard

Casting : Nat Wolff, Willem Dafoe, Margaret Qualley, Keith Stanfield

Distributeur : Netflix

Date de sortie : 25 août 2017

Budget : 50 millions $

Trailer