Critiques en vrac #2 : Knock, Coexister, Detroit, Happy End

Nouvelle semaine, nouvelle fournée de films qui ne méritent pas forcément un article de 4 paragraphes mais qu’on ne va pas laisser sur le côté pour autant. Nous allons parler de Knock de Lorraine Lévy, Coexister de Fabrice Éboué, Detroit de Kathryn Bigelow et enfin Happy End de Michael Haneke.

Knock, de Lorraine Lévy

Pendant longtemps relégué au rang des figures oubliées, le méconnu docteur Knock (pour les moins de 30 ans) aux répliques pourtant si célèbres revient d’entre les morts avec une nouvelle adaptation sous forme de comédie tendance dramatique et cartoonesque. Si la proposition initiale a de quoi allécher, d’autant plus que la bande-annonce promet un film des plus honnêtes, pour ne pas dire gentillet, l’exécution finale laisse à désirer. En dehors d’une solide performance de Omar Sy (on a l’habitude maintenant), Knock ne sait jamais trop sur quel pied danser et s’étire jusqu’à l’infini.

Problème de rythme donc mais aussi problème d’écriture. Malgré une poignée de personnages secondaires charmants, on se retrouve face à des situations étranges, voire malaisantes. Knock est idéal si jamais vous avez toujours rêvé de voir Sabine Azéma faire de l’aérobic ou Pascal Elbé lâcher des caisses en rafale. Incroyable, mais vrai. Pour le reste, ses longueurs ont raison de notre patience et ce qui commençait comme un honnête film classique se termine en un moment maladroit et pénible.

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Réalisatrice : Lorraine Lévy

Casting : Omar Sy, Ana Girardot, Alex Lutz, Sabine Azéma

Distributeur : Mars Films

Date de sortie : 18 octobre 2017

Budget : –

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Coexister, de Fabrice Éboué

Pas franchement réputé pour sa finesse, le comédien Fabrice Éboué est de retour derrière la caméra pour emmener une comédie dopée à la religion et au « vivre ensemble ». A des années lumières des comédies non-écrites de Philippe de Chauveron (dont le racisme ordinaire est devenu le fer de lance), Coexister assène vanne sur vanne sans la moindre prétention. On reconnaît la patte Éboué à chaque instant, aussi bien dans les blagues réussies que dans les instants de gêne.

Pas de morale bidon, pas de « c’est pas grave d’être raciste parce qu’on l’est tous un peu », le comédien cultive simplement son art de la punchline, dans un film où coexister ne signifie pas accepter tout et n’importe quoi, mais fermer sa gueule quand une situation l’exige. Définitivement très Éboué. Dommage que Coexister ressemble parfois plus à un spectacle mis en scène qu’à un vrai film. On mettra ça sur le dos d’une esthétique passe-partout et d’une réalisation entièrement tournée vers l’échanges de piques.

Détails

Réalisateur : Fabrice Éboué

Casting : Fabrice Éboué, Ramzy, Guillaume de Tonquédec, Jonathan Cohen

Distributeur : Europa

Date de sortie : 11 octobre 2017

Budget : –

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Detroit, de Kathryn Bigelow

Basé sur un fait divers mineur dans une partie de l’histoire majeure, Detroit tente de raconter l’histoire de l’Amérique à travers un huis-clos particulièrement tendu. Nerveux dans sa mise en scène (caméra à l’épaule oblige), époustouflant dans ses interprétations (Will Poulter en tête), il offre 2H30 irrespirables bien que parfois trop prévisibles, la faute au réalisme des actions qui se déroulent devant nos yeux. C’est toujours le problème lorsque l’on souhaite coller à la réalité, il est difficile d’offrir des péripéties un peu trop spectaculaires.

Néanmoins, la réalisatrice s’en tire particulièrement bien et si le film marquera probablement moins que des Point Break, Démineurs ou même Zero Dark Thirty, il n’en reste pas moins un morceau de choix pour les amateurs de thrillers viscéraux et documentés. Cru et coup de point, Detroit frappe là où ça fait mal et il est dommage de constater son bide aux USA. Dommage pour lui !

Détails

Réalisateur : Kathryn Bigelow

Casting : John Boyega, Will Poulter, Jacob Latimore, Algee Smith

Distributeur : Mars Films

Date de sortie : 11 octobre 2017

Budget : 34 millions $

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Happy End, de Michael Haneke

Qu’est-ce qui m’a pris ? Je savais en voyant la bande-annonce que Happy End ne serait pas pour moi. Entre le jeu minimaliste, la photographie fade et la tendance qu’a Michael Haneke à donner dans la provocation, tout me rebutait. J’y suis tout de même allé, convaincu qu’une bonne surprise pouvait toujours arriver. Quel con. Happy End est tout ce que la bande-annonce dévoilé, mais en pire. Seul Jean-Louis Trintignant mérite d’être sauvé. Autour de lui gravite quelques personnages et du vide, encore et toujours du vide.

De la première à la dernière minute, il est impossible d’éprouver la moindre émotion pour des personnages creux et des dialogues tout aussi désespérément plats. Jamais à court d’idées, Michael Haneke n’en finit plus de provoquer l’exaspération et l’ennui, avant d’arriver à un final complètement putesque. On avait connu le bonhomme plus virulent et fin. Un bien joli ratage !

Détails

Réalisateur : Michael Haneke

Casting : Isabelle Huppert, Matthieu Kassovitz, Jean-Louis Trintignant

Distributeur : Les Films du Losange

Date de sortie : 4 octobre 2017

Budget : –

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