GTP x Club 300 : Tunnel, de Kim Seong-hun


Le contexte

Dans une tentative désespérée de faire connaître GTP (malgré une activité aussi irrégulière que la filmo de Shyamalan), j’ai décidé de « m’inscrire » au Club 300 de Allociné. Il réunit des blogueurs ou simplement des membres actifs du site derrière quelques projections mensuelles. C’est cool pour plusieurs raisons : GTP fait maintenant partie d’un grand tout, ça fait joli de dire qu’on est du Club 300 et ça permet d’accéder à des séances très sympathiques, dont celle dont je vais parler ici.

Tunnel est ma première séance « Club 300 ». Il fallait bien un film Sud-coréen pour me motiver à faire mon premier déplacement. Et quelle séance !

Le résumé

Alors qu’il rentre retrouver sa famille, un homme est accidentellement enseveli sous un tunnel, au volant de sa voiture. Pendant qu’une opération de sauvetage d’envergure nationale se met en place pour l’en sortir, scrutée et commentée par les médias, les politiques et les citoyens, l’homme joue sa survie avec les maigres moyens à sa disposition. Combien de temps tiendra-t-il ?

La critique

Troisième long-métrage d’un réalisateur dont on n’a pas fini d’entendre parler, Tunnel se pose au premier abord comme le nouvel ambassadeur du film catastrophe Sud-coréen. Des effets spéciaux, une situation critique, de l’isolement, le cahier des charges est respecté. D’ailleurs, si les premières minutes laissent penser que l’on a affaire à un huis-clos, il n’en est rien. On revient très rapidement à une formule classique avec d’un côté la victime et de l’autre le reste du monde. Dans un Emmerich, notre victime accomplirait des prouesses héroïques pour s’en sortir par elle-même. Sauf que ce n’est pas du Emmerich.

Le « héros » de Tunnel est et reste une victime. Sa survie ne dépend pas uniquement de lui, mais aussi et surtout des personnes à l’extérieur : les sauveteurs ainsi que les politiciens. Si dans un premier temps, tout le monde semble s’accorder pour dire que la survie de notre personnage est primordiale, le réalisateur vient très rapidement égratigner une Corée finalement plus individualiste que prévue, provoquant des situations aussi tendues à l’intérieur du tunnel qu’à l’extérieur. Ce côté très « terre à terre » apporte une certaine gravité à Tunnel. D’ailleurs, si Tunnel s’était limité à cet aspect survival réaliste, on aurait un peu tiré la gueule. Bizarrement, ce n’est pas le cas, parce que Kim Seong-hoon est un malin.

Cramponner des spectateurs à leur siège, c’est bien. Savoir entrecouper ces moments de tension par quelques rires, c’est mieux. Alors quand en plus chacune de ces pauses « humour » fait mouche, dites-vous bien qu’on atteint un équilibre parfait encore jamais vu dans ce genre de films. Oubliez tous ces films Américains dont la majorité des blagues reposent sur une simple punchline absolument pas à sa place dans ce genre de situations. Tunnel fait l’impasse sur cette facilité. Le « c’est la fin du monde, c’est l’heure de faire une petite blagounette » n’est pas de mise ici. Tout repose plutôt sur ce décalage que les Coréens manient si bien. Il n’y a pas de vannes faciles, juste des situations hilarantes avant une nouvelle grosse dose d’adrénaline.

Plus qu’un simple « concurrent », Tunnel prend sans mal la couronne des films catastrophes. A la fois prenant et drôle, léger et critique, sérieux et ridicule, le nouveau film de Kim Seong-hoon vient combler un gigantesque trou laissé béant par des réalisateurs obsédés par le tout spectaculaire, perdant de vue l’essentielle composante de ce genre : l’humanité. Entre ce Tunnel et Dernier Train pour Busan, les réalisateurs pavent la voie pour un avenir fait de meilleurs blockbusters. Dommage que nos amis les Américains ne voient pas cette bénédiction du même oeil.

Détails

Tunnel posterRéalisateur : Kim Seong-hun

Casting : Ha Jung-woo, Bae Doona, Oh Dal-su, Kim Hae-sook,

Distributeur : Version Originale / Condor

Date de sortie : 3 mai 2017

Budget : Inconnu

Trailer en VOST

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