Notre expérience au PIFFF 2017 : entre battles, féminisme et court-métrages

Du 5 au 10 décembre s’est tenue la 7ème édition du Paris International Fantastic Film Festival, ou PIFFF pour la faire courte. N’ayant jamais pris part à un festival et sachant que le nouveau film de Joseph Kahn y serait projeté en exclusivité, nous nous sommes empressé d’acheter nos billets de train et de planifier notre séjour. Nous n’avons pas pu couvrir les 5 jours, pour des raisons aussi diverses qu’injustifiées, mais nous avons tout de même pu découvrir deux films et une compétition de court-métrages. Pour un début, c’est déjà pas mal.

Trailer du PIFFF 2017

Le vendredi

Froid de canard, sac sur le dos, t-shirt et chemise enfilés, nous voici sur la route de Paris. Soyons honnête, c’est grâce à un seul et unique film que nous avons pris le temps (et l’argent) de faire le déplacement vers la capitale : Bodied, nouveau film de Joseph Kahn. Jusque là uniquement projeté dans une poignée de festivals américains, le film a eu droit à sa première projection en France ce vendredi, en présence de son réalisateur. Mais avant ça, nous avions faim. Très faim. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvé à manger un burger plutôt copieux au Little Apple. Si vous ne connaissiez pas et êtes de passage à Paris, on vous le recommande chaudement.

Une fois notre panse satisfaite, direction le Max Linder Panorama et son unique salle. Nous ne connaissions pas du tout le lieu et c’est après 45 petites minutes d’attente dans le froid sibérien du boulevard Poissonnière que nous avons pu découvrir l’intérieur du lieu et le film par la même occasion. Bodied, justement, parlons-en !

Première projection : Bodied, de Joseph Kahn

Bodied - posterDire que nous attendions Bodied avec impatience relève de l’euphémisme. Nous vouons un véritable mini-culte à Joseph Kahn depuis Detention, sorti en 2012 (comme de nombreuses personnes qui étaient présentes dans la salle), et les multiples clips que nous avons découverts par la suite. Pour vous dire à quel point la folie est grande, Joseph Kahn est le mec qui nous a fait aimer Taylor Swift. Oui oui. Quelle ne fut pas notre surprise quand ce bon Joseph se mit à développer un film sur des battles de rap. Attendez. Un mec qui sait rythmer ses films, un milieu underground, un discours des plus actuels. Est-ce que ça pouvait mal tourner ? Non, bien sûr que non.

Bodied est tout ce que nous avions espéré et même plus. On retrouve la patte inimitable dopée au speed de Kahn, couplée à un large éventail de rappeurs à la langue bien pendue. Bodied est violent, par sa verbe, son rythme ou encore sa mise en scène. Il exténue, éreinte, égratigne. Kahn charge frontalement l’absurdité des problématiques raciales et plus globalement les groupes, peu importe leur nature, à travers la mine patibulaire de Dizaster ou les “barres” sans limites d’Adam. On aurait pu croire que le concept même s’essoufflerait vite. Même pas. Au contraire, le film gagne en puissance à l’approche d’un final exceptionnel de 40 minutes (!) qui laissera tous les spectateurs bouche bée. Magistral.

Notez tout de même que le film ne sortira pas en salles en France. Comme Detention avant lui.

Le samedi

Deux événements nous attendaient le lendemain : la projection de Revenge, film de genre français, et la compétition de court-métrages internationaux. Mais avant ça, encore une fois : miam miam. Après un délicieux burger la veille, nous avons fait une halte au Papacionu, une pizzeria fort sympathique. Gavé nous étions. Direction une nouvelle fois le Max Linder, où une grande file d’attente nous tendait déjà les bras. Revenge, qui n’est autre qu’un rape and revenge, serait fédérateur ? Ou avions-nous simplement sous-estimé la communauté de cinéphiles fans de genre ? Nous avons choisi la deuxième option.

Deuxième projection : Revenge, de Coralie Fargeat

Revenge - posterLa France et le cinéma de genre, toute une histoire. Chaque année, un film nous fait crier “LE GENRE N’EST PAS MORT EN FRANCE LOL”. L’année dernière, c’était Grave. Enfin, ça l’était pour les autres. Nous, on n’a pas aimé. Parce que quand on vous annonce un film de cannibales interdit aux moins de 16 ans, on s’attend à un minimum de barbaque, pas à une seule dégustation de pouce. Tout ça pour dire qu’on attendait Revenge au tournant. C’est pas tous les jours qu’on peut découvrir un rape & revenge en France après tout.

Et comme prévu, Revenge est des plus sympathiques, à condition d’apprécier un tant soit peu l’hémoglobine. Coloré et sexy, Revenge offre son lot de scènes bien crades et d’humour noir. Si on pourra reprocher quelques répliques pas forcément dans le ton et un petit manque de surprise dans le déroulement du scénario (Revenge ne réinvente clairement pas le genre), difficile de ne pas être enthousiaste face à une promesse tenue et aussi bien exécutée. Coralie Fargeat maîtrise les codes du genre et s’en donne à cœur joie pour transformer son personnage central en guerrière au fur et à mesure de la progression du récit. Imparfait donc, mais charmant et surtout inédit dans le paysage cinématographique français.

Revenge sortira en salles le 7 février 2018. Un bon truc pour la Saint-Valentin quoi !

Bilan

Ce premier rendez-vous au PIFFF a été une bonne petite expérience. Nous nous sommes limité à deux projections (ainsi qu’à la compétition de courts), mais ces deux films ont été deux excellents moments, dans leurs genres respectifs. Puis on a tout de même pu voir Joseph Kahn en personne. Et ça, ça vaut tout l’or du monde. Rendez-vous est pris pour l’année prochaine !