Deux ans après son relaunch, on peut dire que le petit label Glénat Comics est devenu grand ! Les publications se sont multipliées par dizaines, la maison a su piocher les oeuvres les plus singulières dans les différents catalogues américains : Image Comics, Oni Press ou même Boom! (même si ça manque encore un peu de We(l)come Back, je dis ça, je ne dis rien). Le label a aussi su se démarquer à travers le soutien de quelques artistes singuliers (comme Victor Santos) ou des publications plus originales (Golem). Mais ce n’est rien comparé à ce que Glénat Comics préparait dans l’ombre pendant ce temps. Récemment, Olivier Jalabert (le barbu qui gère le label) a annoncé l’édition de comics originaux, français ou non, en partenariat avec la maison IDW (bien connue des amateurs de Transformers et G.I. Joe, dont je fais partie bien évidemment).

Qu’est-ce que ça signifie ? En quelques mots, ça veut dire que Glénat ne va plus seulement importer des comics américains déjà parus, mais va aussi exporter des oeuvres originales de créateurs locaux (ou non d’ailleurs). Le premier ambassadeur de ce partenariat était Sukeban Turbo¹, bébé du français Sylvain Runberg (connu pour Orbital par exemple) et de l’espagnol Victor Santos justement. Aujourd’hui, ce n’est pas ce dernier qui va nous intéresser mais la deuxième collaboration entre Glénat et IDW, intitulée Croquemitaines.

Résumé (pris sur le site Glénat Comics)

Passionné de lecture, Elliott a toujours eu une préférence pour les histoires de Croquemitaines, ces créatures monstrueuses qui, la nuit, se cachent dans l’ombre ou sous le lit pour effrayer les petits enfants. Il n’imagine pas à quel point elles vont changer sa vie… Témoin du meurtre sanglant de ses parents, il va découvrir qu’en réalité, les Croquemitaines existent bel et bien et que des codes très précis régissent leur existence. Lorsque l’un des plus puissants d’entre eux, le « Père-la-mort », se met en tête de le protéger, Elliott se retrouve plongé dans un terrible conflit au cœur d’un univers aussi terrifiant que fascinant dont il devient l’enjeu principal. Par une sombre nuit orageuse, le destin d’Elliott va s’accomplir…

Ce qu’on (je, à vrai dire) pense de Croquemitaines

On a pour ainsi dire tous une vision très limitée du croquemitaine. Si vous me demandez d’en citer, je vais vous parler de Freddy, du Babadook ou de John Wick (héhé, j’ai pu la placer). Dans 99% des cas, le croque-mitaine n’est perçu que comme une menace et le lecteur/spectateur est placé du côté de la victime. Ce qui veut dire qu’on n’a droit qu’à un regard extérieur du monde des croque-mitaines. Rapidement, une seule oeuvre me vient à l’esprit quand on me parle de la face cachée des croque-mitaines, c’est Monstres & Cie, de Pixar. Et encore, je ne suis même pas sûr que le monstre du placard puisse être considéré comme un croque-mitaine.

C’est pourquoi Mathieu Salvia s’est attaqué à des questions ô combien intéressantes : c’est quoi un croque-mitaine ? D’où vient-il ? Ont-ils des liens entre eux ? Ses heures sup’ sont-elles payées ? Autant de questions que vous ne vous poserez jamais mais dont les réponses (pas toutes) figurent dans ce bouquin. A la création d’un énième croque-mitaine plus vraiment effrayant avec le temps, il préfère un travail sur sa mythologie, ses « collègues », sa réputation, etc. En résulte une sorte de road-trip décalé mettant en scène un enfant et le plus redoutable des croque-mitaines. C’est frais, original, et surtout très inventif. On prend un plaisir monstre à voyager et découvrir les obstacles qui jonchent le chemin de nos compagnons d’infortune.

Pour retranscrire parfaitement cet univers, il fallait une partie artistique de haut vol, avec une patte capable de concilier codes enfantins et horrifiques, sans tomber dans la resucée de toutes les oeuvres d’épouvante modernes. Pari relevé haut la main par Djet, un artiste que je découvre avec Croquemitaines. Il livre des planches sublimes, cartoonesques sans être simplistes, dynamiques, avec quelques passages bien gores en prime. En voyant la couverture, je pensais que ce serait pas mal d’offrir ça à un enfant. Et puis j’ai découvert le passage des yeux. Bon. Soit. A ne pas mettre entre toutes les (jeunes) mains !

Croquemitaines est beau, Croquemitaines est riche, Croquemitaines est génial. Cette conclusion pourrait paraître basique mais c’est pourtant ce qui ressort de cette première collaboration entre Mathieu Salvia et Djet. A partir d’un sujet qui nous semble familier, l’auteur déroule tout un univers qui nous était finalement inconnu. Jusqu’à maintenant. Un bémol tout de même : c’est court. Très court. Trop court. C’est le problème des bonnes choses, on en veut toujours plus ! Rendez-vous est pris pour le deuxième tome dès la fin du mois de Mai !

Détails

Titre : Croquemitaines

Equipe créative : Mathieu Salvia (scénario), Djet (dessin)

Editeur : Glénat Comics (Sa page Facebook)

Date de sortie : 12 avril 2017

Où puis-je acheter Croquemitaines – Livre 1 ?

Quand est-ce que je pourrai lire la suite ?

Dès le 30 mai 2017, toujours chez Glénat Comics.

Où puis-je précommander le Livre 2 ?

¹ Après recherche, je n’ai pas trouvé Sukeban Turbo chez IDW. Je ne suis donc pas sûr que celui-ci ait été publié dans le cadre du partenariat. A vérifier donc !