Est-il humainement possible de réaliser 100 films en moins de 30 ans de carrière ? Nous pensons que non. Ce qui fait de Takashi Miike un alien à nos yeux. Un surhomme. Une machine. Une usine, certes, mais une usine à bons films. Parce que sur tout ce que Miike a réalisé, il n’y a finalement pas grand-chose à jeter. Touche à tout comme nul autre, le réalisateur Japonais s’est essayé à tous les genres et n’en finit plus de surprendre son public. Pour la centième, Miike s’est attaqué à un gros morceau de manga, à savoir l’Habitant de l’Infini. Petite particularité : plutôt que de sortir en salles, Blade of the Immortal est sorti directement sur Netflix. Il faut dire qu’on a du mal à imaginer comment un film de samouraïs de 2H20 dialogué comme un Tarantino et aussi rouge qu’une bolognaise aurait pu trouver son public dans nos salles. Quoique…

Bande-annonce

Ce qu’on a pensé de Blade of the Immortal

Deux heures et vingt minutes, c’est long. Même quand on est immortel. Le fait est que Blade of the Immortal adopte une structure très vidéoludique. Couloir, boss, couloir, boss, PNJ, boss. Déclinez cette combinaison à l’infini et vous obtenez le nouveau film de Takashi Miike. Pourtant, malgré ce déroulement trop linéaire et répétitif, Blade of the Immortal est vraiment réjouissant. Tout d’abord parce que son scénario est limpide. Il ne s’encombre pas d’artifices inutiles et va droit au but. Pour un film aussi long, c’est appréciable. Blade of the Immortal ne raconte que la vengeance de Lin et la mission de Manji, rien d’autre. Ensuite, sur les nombreux combats qui parsèment le film, Miike se renouvelle constamment, même s’il apporte peu en termes de mise en scène. Les configurations varient, aussi bien au niveau des armes que du nombre d’opposants, différenciant chaque scène d’action de la précédente.

Les deux plus gros morceaux de bravoure restent la superbe intro en noir et blanc et le final grandiose, sauvage et sanglant. Il faut dire que Miike, comme à son habitude, ne prend pas de pincettes et s’amuse avec le gore comme le ferait un Tarantino. L’hémoglobine est omniprésente, pour appuyer chaque coup porté (difficile d’illustrer l’impact d’un sabre autrement lorsque la mise en scène est nerveuse). Ce n’est pas le seul détail Tarantinesque que l’on peut noter puisque même les scènes de dialogues rappellent le travail du réalisateur américain. C’est rythmé, souvent drôle et balisé de punchlines percutantes (elles le sont d’autant plus que les personnages sont tous plus charismatiques les uns que les autres). Il y a une forme de nonchalance dans le jeu des acteurs (qu’on retrouve dans les polars hardboiled coréens) qui rend chaque réplique délicieuse à écouter. Un régal !

Blade of the Immortal aurait pu être mortellement long. Au final, la clarté de son scénario, la variété des combats et le rythme des joutes verbales captivent. Le centième film de Takashi Miike ne laisse pas au spectateur le temps de s’ennuyer et si le film n’a rien d’exceptionnel, il constitue une belle addition à la filmographie du cinéaste Japonais. On aurait aimé un peu plus d’ambition sur le visuel, qui après une magnifique intro, souffre d’un léger manque d’originalité. Pas de quoi affoler les amateurs de barbaque ou de films de sabre.

Détails

Blade of the Immortal, Takashi Miike - Poster

Réalisateur : Takashi Miike
Casting : Takuya Kimura, Hana Sugisaki, Söta Fukushi, Hayato Ichihara
Distributeur : Warner Bros
Date de sortie : 29 décembre 2017
Budget :

Le baromètre Good Taste Police :

Le samouraï Manji est victime d’une terrible malédiction : il ne peut mourir. Il doit tuer mille hommes au caractère démoniaque pour pouvoir trouver enfin la mort et expier ses fautes passées. Voilà pourquoi tout le monde le voit comme un horrible et très violent personnage. Mais un jour, la jolie Lin lui demande de l’aide pour venger sa famille…