A l’origine, il y avait Métal Hurlant. Revue ô combien capitale au sein du patrimoine français et du bagage culturel des bédéphiles, le bébé de Jean-Pierre Dionnet et de Moebius a littéralement changé la donne dans le paysage de la bande dessinée. C’est pourquoi un beau jour, un jeune réalisateur français, Guillaume Lubrano, s’est attelé à son adaptation en série. Anthologie à twists, Metal Hurlant Chronicles détonait au sein d’une production française habituellement assez radine en science-fiction. C’était fun, ambitieux, frais. Et il y avait Scott Adkins ET Kelly Brook. Que demander de mieux ?

Aujourd’hui, le réalisateur est de retour avec de la science-fiction teintée de comédie (ou bien est-ce l’inverse ?) dans une série intitulée The Cell. Au programme : des Mongols, quelques lits de merde et un Davy Mourier amateur de fouille corporelle.

Note : The Cell est une série web. Ce qui signifie qu’on peut la découvrir gratuitement et légalement en ligne. Pour ce faire, je vous redirige vers la fin de cet article où vous découvrirez les trois premiers épisodes sans avoir à quitter le blog. Sinon, vous pouvez tout simplement vous diriger vers la fiche The Cell sur Studio 4.

Science Noire et Docteur Qui ?

The Cell raconte l’histroire de Gaspard, ex-salarié d’une compagnie d’assurance et détenu improvisé d’une cellule assez particulière. En effet, celle-ci permet à ses occupants de voyager à travers l’espace et le temps. Pour vous situer, c’est en quelque sorte un croisement entre le Tardis de Doctor Who (pour l’aspect contenant) et le Pilier de Black Science (pour le reste). Pour raconter l’histoire de cette cellule et des quelques protagonistes qui l’habitent, Guillaume Lubrano a choisi d’éclater sa narration, multipliant les flashbacks et les flashforwards. Les épisodes étant plutôt courts, cette façon de faire semble la plus adaptée afin de garder le spectateur en haleine sans trop lui donner à manger dès le départ. On ne sera ainsi pas surpris de voir des personnages disparaître et réapparaître au fil des premiers épisodes.

Ça ne veut pas pour autant dire que l’écriture est tentaculaire. L’intrigue est en apparence simple (sans être simpliste ou idiote) et les personnages sont facilement identifiables. Seule la structure du récit est affectée par ce découpage, la lecture n’en pâtit pas et les trois premiers épisodes restent parfaitement compréhensibles. On n’est pas non plus dans de la hard SF, plutôt dans une SF un peu rétro-déconne dans laquelle l’humour a une place très importante. Si Gaspard a plutôt tendance à irriter au départ, son personnage (et son interprète par extension) prend rapidement ses marques pour offrir quelque chose de plus consistant. Pourtant, ce sont les personnages secondaires qui illustrent le mieux ce côté fun. Entre Jérôme Le Banner fan de Gala et Davy Mourier amateur de corps à corps, difficile de ne pas sourire. C’est léger sans être très fin, amusant sans se montrer prétentieux.

Si on reste assez loin de l’ambition de Metal Hurlant Chronicles (parce que ce n’est pas l’objectif), Guillaume Lubrano n’a pas pu s’empêcher de faire tremper The Cell dans sa culture SF pour en faire un objet de pop culture à part entière, et pas une simple série de vidéos Youtube sans finalité. Les amateurs reconnaîtront quelques références à Lost, à Matrix ou encore à Terminator tandis que les fans de Metal Hurlant Chronicles retrouveront une créature familière. Certes, les allusions sont explicites mais elles ont pour avantage de permettre à tout un chacun d’y retrouver un peu de ses connaissances. The Cell se veut accessible et immédiatement prenante, et il faut avouer que dans cette exercice, la série semble plutôt douée.

Si The Cell n’a pas l’envergure de Metal Hurlant Chronicles, les premiers épisodes de la série se révèlent tout aussi intéressants à regarder, pour des raisons différentes. Il est intéressant de voir comment le jeu sur la narration permet d’exploiter le format court sans que le scénario paraisse trop mou ou rushé, ou encore qu’il est possible de lier science-fiction et comédie sans sombrer dans la parodie façon Galaxy Quest. Ou même qu’être une web série n’empêche pas d’être bien shootée. D’un mélange d’influences assez variées, The Cell se crée sa petite identité et divertit sans peine. On guettera la sortie des prochains épisodes pour connaître le fin mot de l’histoire ! 

Regarder les épisodes

The Cell #1 : En Taule

The Cell #2 : I Know Kung Fu

The Cell #3 : Total Eclipse (Of The Heart?)