Y a-t-il un pilote dans l’caisson ? #1 : The Expanse

Nouveau mois, nouveau jour, nouvelle rubrique. Oui, je sais, les publications sur GTP sont aussi nombreuses que les cheveux sur le caillou de 47. Donc parler de rubrique quand je ne sais déjà pas tenir mes articles classiques, c’est plutôt cocasse. Comprenez-moi, j’avais juste envie de placer mon petit jeu de mots dans le titre (même si caisson ne rappelle pas directement une télé).

Bref, pour résumer le but de cette rubrique en 5 mots : parler du pilote d’une série. N’importe quelle série. Pourquoi c’est cool, pourquoi c’est naze, pourquoi on veut l’épisode 2 là maintenant tout de suite, pourquoi ces salauds de HBO n’adoptent pas le même modèle que Netflix. Autant de questions qui trouveront des réponses (ou non) ici.

Et pour commencer, j’ai choisi mon dernier gros coup de coeur sorti de nulle part (puisque ça vient de SyFy), à savoir The Expanse.

De Syfy, really?

Depuis quelques années, SyFy se cherche. Autrefois représentante d’un genre tout entier et productrice de l’une des plus grandes séries (paraît-il) de science fiction de tous les temps, Battlestar Galactica, SyFy peine à concrétiser son projet de diversification. La chaîne souhaite sortir de la science-fiction pure pour proposer du fantastique, du paranormal et tout ce qui va avec. En gros, varier les plaisirs. C’est pour cette raison que la chaîne s’est mise à produire du sous-Walking Dead, une adaptation de l’Armée des Douze Singes ou encore une série Van Helsing. Dans tous les cas, les séries font très « série Z ». C’est cheap et sans aucun impact. Pourtant, SyFy persiste et veut trouver son nouveau Battlestar, son nouvel étalon.

Sur les six dernières années, la chaîne a tenté maintes et maintes fois de trouver cet étalon, en produisant notamment Defiance et Helix, respectivement projet cross media de grande envergure et tentative rapidement avortée de dark science fiction. Deux échecs de plus pour la chaîne qui ne parvient toujours pas à trouver un successeur à ses meilleures séries.

Jusqu’à aujourd’hui ?

The Expanse, le nouveau champion de SyFy ?

The-Expanse-Rocinante
The Expanse, Rocinante

Les premières minutes de The Expanse m’ont rappelé celles de de Stranger Things (qui m’auraient sûrement rappelé les premières minutes d’autre chose si j’avais plus de culture). Un personnage seul, en détresse, et une menace, en hors-champ. Sauf qu’ici, on troque le bunker scientifique contre un vaisseur spatial à la dérive. L’intrigue est lancée très rapidement et on se doute que cette première scène constituera l’enjeu complet de la première saison, voire même de la série complète.

Passée cette courte scène d’exposition, on fait connaissance avec l’univers singulier mais cohérent de la série : la Terre, Mars, la Ceinture et tout le reste de l’espace pour faire joujou. Ici, pas d’aliens, il n’y a que des hommes. Comme dans toute bonne oeuvre de SF qui se respecte, l’aspect social est central, avec une lutte des classes et une révolte en toile de fond. Les Terriens sont riches, les Martiens sont des militaires et la Ceinture réunit les prolétaires. Classique. Ce qui l’est moins, c’est la capacité de la série à rendre son univers particulièrement crédible. Tout est bien pensé et justifié. Les conflits, les malformations des « Ceinturiens », les causes et les conséquences de la révolution, tout est bien présent. Le pilote prend son temps pour poser cet univers et présenter la mosaïque de personnages que l’on suivra tout au long de la saison.

D’ailleurs, la série reprend habilement la structure d’une oeuvre chorale. On suit trois personnages ou groupes de personnages différents :

  • Le flic Joe Miller, son chapeau et son sidekick ;
  • Le pilote James Holden et son équipage ;
  • La représentante terrienne Chrisjen.

Même si le lien n’est pas clairement formulé, on se doute que les trois intrigues annexes sont faites pour converger vers un seul et même point. Ce qui est fort, c’est que les showrunners jonglent très habilement entre ces différentes intrigues afin d’obtenir un temps d’écran à peu près équivalent pour chaque partie. Ainsi, on ne perd pas en intérêt pour une intrigue ou une autre, sachant que le concept même de série (avec les coupures pub imposées aux US) contraint The Expanse à procéder en séquences courtes mais riches. Le principal, c’est que tout fonctionne, et ici c’est le cas.

Néanmoins, à la fin d’un pilote, il n’y a qu’une seule question à se poser : est-ce qu’il donne envie de regarder la suite ? Oui, définitivement. Le pilote se termine sur l’événement qui va réellement lancer l’intrigue principale, celle vers lesquels convergents les arcs « personnels » des différents protagonistes.

Bref, The Expanse, c’est la curiosité de fin d’année, le truc qui pourrait devenir le nouveau fleuron de SyFy et finalement, la seule vraie proposition valable de SF dans l’espace à la télévision aujourd’hui. En plus, il y a Thomas Jane. Et ça, ça change tout.

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