Y a-t-il un pilote dans l’caisson ? #2 : The OA

Il y a quelques semaines, j’ai vu apparaître sur Netflix une série nommée the OA. Je n’en avais jamais entendu parler et à vrai dire, c’est bien normal puisque Netflix n’a pour ainsi dire pas communiqué à son sujet. En temps normal, vu la tronche de l’artwork et le résumé, je n’aurais pas cliqué dessus. Une énième histoire de personnage qui disparaît puis revient x années plus tard, c’est pas franchement le truc le plus bandant au monde.

Cependant, un élément a attiré mon attention, un nom plus particulièrement : Brit Marling. Alors non, ce nom n’est pas aussi évocateur que d’autres. Son aura n’est pas aussi intense que celle d’une Natalie Portman ou d’une Jennifer Lawrence, mais ça ne l’a pas empêché de me faire chavirer dans Another Earth, une de ses collaborations avec Mike Cahill. En quelques mots, Another Earth, c’était de la science-fiction douce, lisse, émouvante. Typiquement ce que je recherche. Quand en plus on y ajoute une actrice dont tout le jeu repose sur la retenue, je ne pouvais qu’être conquis.

« I am the OA. »

5 ans plus tard, je découvre son nouveau projet, cette fois non plus avec Mike Cahill, mais avec Zal Batmanglij, troisième larron du trio Marling/Cahill/Batmanglij. Comme je l’ai mentionné dans mon introduction, le postulat de départ ne déborde pas d’originalité.

Quelqu’un disparaît…comme dans The Leftovers. Comme dans les 4400. Comme dans Stranger Things. Bref, comme dans 400 autres séries de qualité variable. Et comme dans 400 autres séries, ce personnage revient. The OA a au moins le bon goût de ne pas montrer la disparition dès l’intro et en plus de ça de ne pas faire revenir le personnage à moitié amnésique. Ce personnage, c’est Prairie (rarement vu un nom aussi ridicule mais passons), aka l’OA, acronyme on ne peut plus obscur dont on ne connaîtra pas la signification dans le pilote. Tout au mieux vous saurez qui est « The OA », pas ce que ça représente.

L’art d’étaler ?

Brit Marling n’est pas le seul point commun que partagent un film comme Another Earth et The OA. Tous les deux adoptent une narration lente et plutôt calme. Cette lenteur, combinée à une photographie plutôt pâle (pour ne pas dire lumineuse), confère au pilote une ambiance mystérieuse bénéfique. N’espérez pas une avalanche de scènes palpitantes, tout le pilote gravite autour de cette ambiance où seule le personnage principal sait où il va, sans laisser la moindre miette au spectateur. Prairie a son objectif en tête, point.

Cette direction, rebutante au début, nous contraint à subir plutôt qu’à prendre part à l’intrigue concotée par Marling et Batmanglij, pendant près de 90% de l’épisode. En l’état, difficile de rester accroché à cette curiosité. Néanmoins, le spectateur est invité à la fête dans les 10 dernières minutes, à la suite du générique. D’ailleurs, le fait de placer le générique aussi tard a une véritable signification ici : ce n’est que lorsque l’histoire se dévoile aux personnages secondaires que la série commence vraiment. Ce n’est pas par un événement fortuit comme dans 99% des séries (un accident, une maladie, une révélation), mais par la simple volonté de l’OA. C’était prévu de cette manière et il était impensable d’impliquer le spectateur plus tôt. Le spectateur est transformé en personnage secondaire et Prairie en guide.

Être laissé sur le côté pendant une longue heure ne plaira pas à tout le monde. La série se veut moins accessible que la moyenne et nous le fait comprendre à travers quelques effets bien sentis. Si pour certains trop de mystère tue le mystère, force est de constater que les dernières minutes de l’épisode ont de quoi balayer la « mauvaise » première impression que laissent les 60 premières minutes. Pour ma part, mon amour pour Brit Marling et la ressemblance frappante entre ce projet et ses précédents m’ont instantanément conquis.

Difficile de dire à la fin du premier épisode de quoi il retourne. The OA prend son temps pour dévoiler petit à petit son intrigue et au vu de ce premier aperçu, je pense qu’il faudra au moins 2 ou 3 épisodes supplémentaires pour comprendre où l’ensemble se dirige. Un peu comme Sense8 en 2015, autre série Netflix qui a laissé plus d’un spectateur sur le carreau.

Trailer VO

Liens utiles

  • Pour souscrire à un abonnement Netflix, c’est par ici (avec les fameux 30 jours gratuits)
  • La fiche The OA sur Netflix