Y a-t-il un pilote dans l’caisson ? #3 : Riverdale

Un reboot lancé il y a environ 2 ans m’a convaincu de me lancer dans la grande aventure Archie. Enfin, plus que le simple fait de rebooter la licence, c’est surtout les noms attachés à cette remise à plat qui m’ont poussé à acheter le comics : Mark Waid au scénario et Fiona Staples au dessins. Deux artistes plus que reconnus dans le milieu, à l’origine d’une renaissance sympathique et digne de la mythologie du personnage.

Deux ans plus tard, v’là-t-y pas que la télé s’y met. La CW, bien connu pour ses séries très matures (Arrow, Flash et autres niaiseries), s’est décidé à sortir une adaptation de la célèbre bande dessinée. Par contre, pas de mention de Archie dans le titre, juste de sa ville, Riverdale. C’est qu’ils essaieraient pas de jouer dans la même cour que Twin Peaks ces gens ?!

Fire walk with…

Riverdale s’ouvre sur la découvert d’un cadavre. Ok, on veut définitivement jouer avec les grands. Un cadavre, un mystère, une ville dans la brume. L’ambiance colorée et bon enfant de la bande-dessinée semble bien loin, mais la CW avait prévu. « On va vous faire un truc sombre » qu’ils disaient. Ils n’ont pas menti. Riverdale veut apporter une petite touche de noirceur à un comics trop joyeux pour plaire à la télé. Qui peut les blâmer ?

Donc Riverdale se prend pour Twin Peaks. Bien bien bien.

One jug hill ?

Très rapidement, la CW distribue ses différentes cartouches, sans prévenir : Riverdale, c’est du teen concon sur fond de musique pop. Vous aimiez les Frères Scott ? Vous allez adorer Riverdale. Vous aimez Archie ? Pas sûr que vous adhériez. Avec son adaptation, la CW ne semble pas chercher à convaincre les fans de la BD, au contraire.

Les personnages sont très rapidement introduits : Archie le roux peu sûr de lui mais suffisamment pour baiser sa prof de musique, Betty la nunuche tellement nunuche que t’as pas envie d’y croire, Veronica la chieuse en puissance que tu vas forcément adorer, etc. Dommage, le premier épisode ne donne qu’un bref aperçu de Jughead, probablement l’un des personnages les plus emblématiques du comics. Pour le reste, les intrigues sont très rapidement lancées. Archie se retrouve d’emblée dans un triangle amoureux qu’il ne contrôle pas. En plus, il met les plus gros vents de l’histoire de la télévision à l’une de ses deux prétendantes. Juste magique. Au final, le cadavre des premières minutes devient presque anecdotique, la CW veut mettre un gros focus sur ce que l’audience attend : du drama d’adolescents. C’est très con, mais c’est comme ça. Et ça marche !

Je l’admets : c’est prenant. Riverdale a tout du plaisir coupable, le truc qu’on regarde d’un oeil distrait entre deux choses bien meilleures comme un épisode de Brooklyn 99 et un autre de Slasher. C’est mal joué, caricatural à souhait et pourtant la formule CW fonctionne toujours. Ce qui ne passait pas dans un Arrow ou un Flash prend ici tout son sens. Pour ces deux séries, la guimauve ne passe pas. C’est normal. On regarde une série de super-héros pour voir des trucs de super-héros, pas des amourettes inutiles façon « Olicity ». En revanche, tout cette guimauve passe crème (je vais finir par avoir faim) avec Riverdale. Ça a été vendu comme une série teen, c’est l’adaptation d’un teen comics, il est logique d’y retrouver ce genre d’éléments niaiseux. Et comme les showrunners gèrent le rythme à la perfection, on ne lâche pas l’écran, la bouche grande ouverte et le cerveau en train de fondre.

Difficile de faire plus explicite que ce pilote de Riverdale. Vous voulez du teen ? Vous allez être servi. Jamais la série n’essaie d’être plus que ce à quoi elle s’est limitée lors de sa promotion. Twin Peaks n’est qu’une source d’inspiration et la série prend es distances très rapidement (grand bien lui en a pris). On suivra le reste de la saison sans déplaisir !

Trailer VO

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